La Becquée

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Publié dans Dessin et peinture

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C
Merci, Jeanne, pour ce tableau de Millet, et pour les références bibliques, ainsi que pour tous vos commentaires qui donnent de la profondeur à la contemplation.<br /> Ce qui me frappe le plus, c'est la douceur tranquille qui baigne toute la scène. Il n'y a pas, comme on observe souvent pour les becquées d'oiseaux, de précipitation, impatience ou même voracité. Tout se passe paisiblement, dans une calme tendresse où chacun semble bien à sa place.<br /> Tous sont un peu penchés: le père sur la terre, la mère sur son petit trio, le petit sur la cuillerée, la petite sur son jeune frère et l'autre petite fille sur sa poupée: ce verbe "pencher" est dans le verset d'Osée. J'y lis la fondamentale et humble sollicitude de l'amour.<br /> Puissions-nous avoir des existences "penchées"...
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J
Merci à chacun pour ses commentaires et en particulier d’avoir relevé la présence du père sur lequel je ne m’étais pas du tout arrêtée. Merci spécialement Jean pour les grâces parentales que tu soulignes, pour le père : « présence laborieuse, pleine d’abnégation dans sa gratuité cachée », et pour la mère par ce mot « don ».
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J
Merci pour le partage de ce tableau tout à fait charmant. J’ai pour ma part immédiatement remarqué le père de famille travaillant en arrière-plan. Cette présence laborieuse, pleine d’abnégation dans sa gratuité cachée, me touche. Merci Jeanne pour ce que tu notes du tabouret penché, qui accentue le mouvement de don de la mère. Cela illustre parfaitement le si beau et bouleversant verset d’Osée. Les trois enfants sont très touchants (je penche pour un petit garçon et deux grandes filles), que ce soit l’attitude du bambin qui ouvre la bouche, ou des deux sœurs, avec ce que vous en dites, Jeanne (« l’enfant à droite du tableau, entoure de son bras droit le plus jeune qui prend son repas, le regarde avec gentillesse, et tient de sa main gauche la main du même petit. Je trouve qu’on dirait presque une attitude d’adulte en regardant cet enfant qui accompagne et rassure ») et Lucie (« la plus grande, assise à gauche, regarde la scène avec attention, comme si elle se laissait enseigner par les gestes de sa mère pour pouvoir les reproduire. C'est en tout cas ce que m'inspire la présence de la poupée dans ses bras »). <br /> Quant aux poules qui accourent avec empressement, il semblerait qu’elles veulent aussi participer à la fête !
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M
Merci Jeanne de me faire découvrir ce tableau de Millet, très touchant par la simplicité de ce qu’il représente. Merci pour le lien que tu fais avec l’amour de Dieu pour les hommes et pour les si belles citations de la Bible que tu donnes. Je suis touchée par cette attitude de la mère qui comme tu l’écris, avec ce tabouret qui se soulève, est penchée sur l’enfant pour lui donner la nourriture dont il a besoin.<br /> J’ai été amusée de voir (ou d’interpréter) à droite, au coin de la maison, le père de famille se penchant pour rappeler ses volailles un peu trop curieuses…<br /> J’aime les couleurs de l’ensemble du tableau, elles me donnent aussi un sentiment de « simplicité ».<br /> Merci Frantz, effectivement cet homme est plutôt en train de bêcher !
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J
Merci Frantz pour ta belle observation sur le père qui travaille ; belle illustration du rôle de chacun, l’homme et la femme, dans cette vraie harmonie familiale.
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J
Merci pour le partage de ce tableau, touchant dans ce qu’il exprime. Et merci pour ce que tu as su y voir et mettre en lien avec la beauté de la révélation de l’amour de Dieu dans la foi chrétienne et biblique. En ce sens, c’est bouleversant de penser à cette attention maternelle de Dieu pour nous. Evidemment, cette becquée me fait penser à la communion dans la bouche lors de la Messe, quand le croyant a le bonheur de recevoir son Dieu qui vient le nourrir de Lui-même, dans l’hostie. Ce tableau montre un si bel exemple de confiance, de dépendance ! Cela me parle de la vraie enfance de cœur à avoir, avec aussi cette très belle attitude des deux frères (ou sœurs ?) : leur tour viendra de manger, pour l’instant l’un d’entre eux aide en effet le plus jeune avec attention, et l’autre patiente sans vouloir prendre ce qui lui sera donné.<br /> Cela me fait penser encore, selon l’intention même de Millet donc, à l’attitude des petits passereaux qui attendent la becquée les yeux fermés, totalement dépendants de ce qui sera déposé dans leur gosier…
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L
Merci Frantz, je n'avais pas vu le père !
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L
Merci Jeanne pour la découverte de cette œuvre, et pour les parallèles que tu as fait avec les références venant de la Bible. Je trouve que le parallèle qu'à voulu le peintre avec les oiseaux est assez frappant. Peut être a-t-il mis les volailles à proximité pour évoquer cela ?<br /> Je trouve belle la tension de l'enfant vers sa mère, par rapport à la dépendance dont tu parles. Je remarque qu'il a également les pieds décollés du sol. L'attitude de l'enfant à droite est particulièrement belle parce qu'il semble aider le plus jeune, ce dernier a besoin de lui ; et dans la continuité du parallèle que tu as fait, cela m'évoque le besoin des autres dans la vie pour apprendre à recevoir cette paternité de Dieu, dont tu parles avec le prophète Osée. Il s'agit non seulement de recevoir ce qui est donné sans chercher à se nourrir soi-même, mais également d'accepter de se laisser aider.<br /> Il me semble aussi que la plus grande, assise à gauche, regarde la scène avec attention, comme si elle se laissait enseigner par les gestes de sa mère pour pouvoir les reproduire. C'est en tout cas ce que m'inspire la présence de la poupée dans ses bras.
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F
Merci Jeanne pour la découverte de ce beau tableau, et pour ce que tu en dis. C’est vrai que les deux attitudes centrales de l’enfant recevant sa nourriture à la manière d’un petit oiseau, et celle de la mère toute tendue et dévouée à sa tâche, sont très touchantes, et je trouve beau que Millet ait choisi cette scène banale, comme pour inviter à ne jamais s’habituer à cette dépendance de l’enfant vis-à-vis des parents. Il me semble d’ailleurs qu’en arrière-plan, derrière la maison, on aperçoit un homme en train de bêcher. Si c’est effectivement le cas, la place du père n’est pas oubliée : la nourriture que la mère donne aux petits ne tombe pas du ciel…<br /> Par ailleurs, je trouve intriguant le lieu de cette scène de repas, qui aurait pu se faire à l’intérieur, mais qu’on a préféré vivre sur le pas de la porte. Peut-être pour profiter du soleil, ou encore garder un contact visuel avec le père ?...
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