"Le loup d'Agubbio"

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Publié dans Dessin et peinture

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J
Merci, Jean, pour avoir vu en la présence de la religieuse la « présence continuée de saint François ». Comme Lucie, je remercie pour l’expression d’empathie fraternelle envers le loup : « Je me dis enfin que le loup a dû faire un grand effort pour ne pas suivre saint François et rester parmi ces habitants pour sa pénitence. » Combien saint François devait alors être fier du loup, fidèle à sa conversion et à sa promesse. « Voilà qui ferait ricaner sous cape bien des humains » : oui c’est bien triste, triste pour eux, car ils se coupent de la joie à recevoir devant ce mystère très beau.
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F
Merci, Jean, pour ce que tu dis suite à l’expression de Joseph (« vision béate ou galvaudée de la fausse fraternité sucrée ») : Celle-ci, loin de préparer la vraie paix, d’être un « sas » vers elle, l’empêche et la retarde ! J’ai conscience que c’est une vérité grave et importante… Merci aussi pour ta désapprobation quant au choix de représenter « tant de petits corps écorchés » : je n’avais pas aimé les voir, mais je n’avais pas eu la profondeur de regard de saisir combien cela s’oppose au message de paix qui veut être ici délivré.
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L
Merci Jean pour ton commentaire et en particulier pour cette phrase : « Je me dis enfin que le loup a dû faire un grand effort pour ne pas suivre saint François et rester parmi ces habitants pour sa pénitence. » <br /> Merci de t’être mis à la place du loup, quand on y pense, ce désir parait évident !
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J
Merci pour ce partage. <br /> Je trouve ce tableau réussi, de nombreux détails sont très bien faits (par exemple, comme l’écrit Jeanne, le pelage du loup). J’ai apprécié chercher la pie que je n’avais pas remarquée dès l’abord. Merci pour ton observation sur les médailles.<br /> J’aime beaucoup la confiance manifestée par la fillette au joli sourire caressant le loup, et par le nourrisson dans l’embrasure. J’aime aussi voir la religieuse, présence continuée de saint François, rassurer les pauvres montures entraînées malgré elles dans la peur de leurs cavaliers, dont les enfants se rient. J’aime également le chien qui ronge son os, sans jalousie envers la part de son frère loup.<br /> En revanche, je trouve pour le moins curieux, et même bien déplaisant, d’afficher dans la représentation d’une telle scène de paix tant de petits corps écorchés. Les loups sont carnivores, certes, mais tant de sanguinolence était-elle indispensable ? Poser la question, c’est y répondre…<br /> <br /> Concernant le fioretti, j’ai été fasciné dès mon plus jeune âge par cette histoire vraie (car oui, pour moi, elle est vraie et pas symbolique). Dans ce qui me touche, je rejoins Marguerite quand elle souligne le rôle du signe de la Croix, qui m’évoque cette bouleversante parole de la Bible : « faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel » (Col 1, 20).<br /> L’exhortation au loup est si belle ! Voilà qui ferait ricaner sous cape bien des humains (« allons, bon, il parle aux animaux ? Il les bénit ? le pauvre, s’il savait qu’ils ne l’approchent que dans l’espoir d’une nourriture… »), mais l’auréole sur la tête de l’animal contredit avec éclat cet éreintant horizontalisme.<br /> Je me dis enfin que le loup a dû faire un grand effort pour ne pas suivre saint François et rester parmi ces habitants pour sa pénitence.<br /> Quant au texte du Pape, merci à lui de rappeler sans se lasser l’Évangile (cf par exemple Mt 10, 34-36 ou Jn 14, 27) : non, la paix n’a rien à voir avec la tranquillité, comme tu le développes, Frantz, en parlant de la prise de risques nécessaire ; ou encore comme l’écrit très bien Joseph : « vision béate ou galvaudée de la fausse fraternité sucrée ». Celle-ci, loin de préparer la vraie paix, d’être un « sas » vers elle, l’empêche et la retarde !<br /> Et il est bon en effet de redire, contre l’insupportable anthropocentrisme, cette évidence : « Ne voit-on pas tous les jours de tristes exemples d’hommes et de femmes qui font bien pire que les loups qui, eux, tuent uniquement pour se nourrir ? »
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C
Merci Frantz pour ce que ton article me donne à méditer sur la Paix.<br /> D'abord par ce frère loup dont j'ai relu l'histoire avec émotion, par ce tableau qui l'illustre si bien (le réalisme des détails écarte la tentation de faire de l'épisode un conte invraisemblable), par les paroles de Saint François qui sont un appel à la conversion.<br /> Mais ce qui m'a le plus enseigné , c'est cette différence faite par le Pape François entre la paix et la tranquillité, son exhortation à rechercher la paix en quittant notre tranquillité; et son insistance sur le désarmement de notre cœur, première étape indispensable à l'avènement de la paix dans notre monde déchiré.
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M
Merci Frantz pour ce réjouissant récit de cet épisode de la vie de saint François. Une chose m’a frappée dans le texte, la présence du signe de croix : « ayant fait le signe de la sainte Croix, il sortit hors de la ville, lui et ses compagnons, mettant en Dieu toute sa confiance. », « saint François s’approchant de lui, fit sur lui le signe de la croix », « Aussitôt que saint François eut tracé la croix, le terrible loup ferma la gueule et cessa de courir. ». Ce signe de la Croix que les chrétiens tracent sur eux, signe de la Victoire, signe de la Paix, acquises par Jésus. Je trouve belle l’attitude de saint François qui fraternellement dénonce non seulement l’attitude du loup : « Frère loup, tu fais beaucoup de dommages en ces endroits, et tu as commis de très grands méfaits, abîmant et tuant les créatures de Dieu sans sa permission » mais bien aussi celle des hommes : « "La flamme de l’enfer, qui doit durer éternellement pour les damnés, est beaucoup plus dangereuse que ne l’est la rage du loup, qui ne peut tuer que le corps ; combien donc est à craindre la bouche de l’enfer quand la gueule d’un petit animal tient une telle multitude dans la peur et la terreur. Tournez-vous donc vers Dieu, mes bien-aimés, faites pénitence de vos péchés, et Dieu vous délivrera du loup dans le présent, et dans le futur, du feu éternel". » Fraternité universelle de saint François qui ne peut être vécue que dans la vérité et la charité d’une exhortation à la conversion, comme celle du Pape François, merci pour le rappel de ses mots !<br /> Merci aussi pour le tableau du Luc-Olivier Merson, avec la présence de tous les animaux qui cohabitent et le sourire des deux enfants sans doute une peu amusés de voir l’étonnement et l’affolement de ces deux étrangers et de leurs animaux. <br /> Merci Jeanne pour les détails auxquels je n’avais pas fait attention, la balance du boucher, les deux petites lumières.
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J
Merci pour cet article réjouissant. Dans la scène villageoise, j’ai particulièrement apprécié voir le petit chat qui ne montre aucun signe d’effroi devant le loup. Au contraire, il semble le saluer à sa façon en se frottant contre les jambes du boucher, un bienfaiteur du loup. Je me suis demandé si la statue qui surplombe la fontaine représente des personnages en particulier ? Est-ce une évocation de saint François ? (Je lis, Joseph, que tu as eu la même idée). Ce que j’ai peut-être préféré regarder dans le tableau ce sont les détails que je trouve très bien fait : la cruche posée près de la fontaine, les plaques de marbre et les colonnes qui décorent cette dernière, le récipient en cuivre que la dame avec la petite fille porte, le pain dont on devine la croûte bien grillée, ou encore les attaches de la balance accrochée au mur de la boucherie, etc. J’ai aimé également la présence très discrète de deux petites lumières : celle sur la droite dans l’intérieur du boucher et celle suspendue au-dessus de la religieuse. Je trouve très bien représenté le pelage du loup avec le dégradé de gris sur son dos, ainsi que la tête du chien qui ronge son os. J’ai beaucoup aimé l’auréole autour de la tête du loup converti.<br /> La lecture de l’extrait des Fioretti m’a réjouit, car c’est une grande joie de recevoir la possibilité de contempler la vie des saints grâce aux témoignages recueillis par d’autres. J’ai été touchée en particulier par la figure d’artisan de paix qu’est saint François, et par son esprit authentique de fraternité en appelant ce loup du nom de frère et en se souciant de sa dignité. C’est beau aussi la manière très impliquée avec laquelle le loup répond et fait le serment à saint François d’observer ce qu’il lui a dit. Je suis touchée aussi de lire combien la conversion du loup entraîne celle des villageois (je m’y sens concernée également) que saint François exhorte à la crainte. Enfin, je remercie pour notre Saint-Père, si bon, qui donne ces paroles de vérité pour chercher la vraie paix. Je rends grâces pour les artisans de paix, tels que saint François, le Pape François et tous les autres, qui s’inscrivent dans les pas du Maître, Jésus, qui accueillent à leur école pour apprendre à accueillir et répandre l’unique paix. Merci Lucie pour ton commentaire sur la troisième voie possible, et merci Joseph pour le rappel du titre donné par Eloi Leclerc à saint François.
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J
Merci pour la découverte de ce tableau qui illustre bien le récit si profond et émouvant de l’œuvre de réconciliation menée par saint François, « L’homme fraternel » (Eloi Leclerc). Je ne me souviens pas avoir lu ou entendu cet épisode de manière si détaillée, et j’ai été profondément touché par l’exemple de Frère François, si bien accordé à la bonté de son Maître et Modèle, Jésus ; et figure tellement importante pour notre temps ravagé par la haine envers la Création. Pour moi, cet article est une bonne nouvelle d’espérance, le rappel de la fraternité originelle voulue entre tous les êtres par notre Créateur. Non pas une vision béate ou galvaudée de la fausse fraternité « sucrée », mais la Fraternité acquise par ce grand combat de la paix, décrit de manière si forte par le Pape François dans le texte que tu cites à la fin. Le combat quotidien du « désarmement » de notre propre cœur. Cela rappelle de manière forte, je trouve, que loin du conte de fées, bien au contraire, cet acte de saint François est en fait la réalité à vivre, c’est la restauration de l’ordre normal des choses ; ce qui est irréel, faux et désordonné, c’est bien la division, la méfiance entre les êtres. J’ai été très touché par ce passage : « Et saint François étendant la main pour recevoir sa foi, le loup leva sa patte droite de devant et la posa familièrement sur la main de saint François. » J’ai beaucoup aimé la présence paisible de tous ces animaux, ainsi que le geste de cette petite fille, qui rappelle la réelle affection, la tendresse même possible entre les êtres, à condition de pardon et de bienveillance. J’ai trouvé très fort aussi de relire dans cet extrait des Fioretti combien la « rage » qui peut habiter telle ou telle situation du quotidien, est un aperçu, terrible, de la « Rage » qui anime l’Enfer. Cela donne de la crainte et de la contrition. Enfin, j’ai trouvé belle l’évocation de la présence de saint François, si je comprends bien, au centre du village, à ce carrefour, en haut de la colonne de la fontaine. Comme le rappel que la source de la paix vient des cœurs apaisés. Merci.
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L
Merci Frantz pour la découverte de ce récit de la vie de saint François. J’ai beaucoup d’admiration pour son courage au service de la paix (dont parle aussi le pape François : « lutter pour construire la paix » ; « effort » ; « patience »). Et également pour sa manière de voir différente ; la recherche d’une troisième voie qui ne soit aucune des deux alternatives : tuer le loup ou se faire tuer par lui. Il donne une perspective nouvelle, il ouvre les yeux, au loup et aux hommes, sur la possibilité d’un chemin différent. Je crois que c’est ce qui me touche le plus, notamment dans le contexte de guerre vécue dans notre temps, et qui ne concerne pas que l’échelle des nations. Dans le passage du pape François ce qui me touche le plus est justement cet appel à désarmer notre cœur des « pensées agressives », « des mots tranchants » et de cette attitude si bien décrite « nous pensons nous défendre avec le fil barbelé de nos plaintes et les murs en ciment de notre indifférence ».<br /> J’aime beaucoup, sur le tableau de Merson le visage souriant de la petite fille, ainsi que l’attitude de la mère et ses vêtements en mouvement. <br /> Merci pour ce que tu soulignes sur la présence de saint François à travers le loup. Je trouve beau ce regret des villageois, qui n’auront plus, après la mort du loup, ce rappel quotidien de l’œuvre du saint.<br /> Enfin, de l’exhortation de saint François, je veux retenir ces mots : « La flamme de l’enfer, qui doit durer éternellement pour les damnés, est beaucoup plus dangereuse que ne l’est la rage du loup, qui ne peut tuer que le corps ; combien donc est à craindre la bouche de l’enfer quand la gueule d’un petit animal tient une telle multitude dans la peur et la terreur. » Non seulement il apporte la paix, mais transforme admirablement la situation pour en faire une exhortation si importante !
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