Saint Pierre au Jugement dernier

Publié le

Publié dans Dessin et peinture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Je trouve très bénéfique de pouvoir approcher cette œuvre remarquable en plusieurs fois, patiemment…<br /> Merci pour cet article, avec les deux interprétations spirituelles que tu donnes quant à la difficulté de reconnaître saint Pierre dans le collège des Apôtres, et quant à l’expression de son visage sur le panneau de gauche. Pour ce second point, sans pouvoir affirmer quoi que ce soit, je rejoins ce qui a été suggéré par l’un ou l’autre sur ce que j’appellerais la dimension dramatique de l’existence terrestre et des destinées éternelles.
Répondre
J
Merci Marguerite pour ton commentaire sur l'ange qui regarde saint Pierre et qui sait ce qu'il a fait pour les âmes, et pour ce qu'a coûté le Paradis.
Répondre
M
Merci Lucie de nous donner à contempler de nouveau cette si belle œuvre et de pouvoir s’arrêter avec toi sur la représentation de saint Pierre, et pour ce que tu relèves des traits sur son visage et du lien avec son combat pour les âmes. En fait ce qui m’a frappée en te lisant et en observant, c’est de me rendre compte que personnellement j’avais l’impression au contraire que les anges de la porte du paradis qui accueillent les âmes n’ont pas cette joie non plus à laquelle on pourrait s’attendre. Ceux qui au dessus de la porte jouent de la musique et chantent on peut la deviner mais ceux de la porte n’ont pas, je trouve, d’expressions de joie sur le visage. Et j’ai été très touchée par l’ange vêtu de vert à gauche du tableau il semble de loin regarder saint Pierre qui paraît effectivement exténué. Peut-être que cet ange regarde saint Pierre avec gravité et affection, la gravité de celui qui sait que ce soldat, cet Apôtre du Christ, à sa suite, s’est épuisé pour les âmes. Peut-être que la joie n’est pas sur les visages des anges et de saint Pierre parce qu’ils pensent à ce qu’a coûté le Paradis pour toutes ces âmes accueillies : le prix du Sang du Christ et toute sa Sainte Passion. J’aime aussi le personnage féminin juste en dessous de l’ange qui est à l’opposé de saint Pierre, parce que ses mains jointes et son corps tourné vers saint Pierre m’évoquent alors une certaine reconnaissance de sa part pour les souffrances supportées et les combats menées. <br /> Merci pour ce que tu écris sur ce qu’évoque pour toi l’impossibilité de reconnaître saint Pierre parmi les Apôtres. <br /> Si je devais choisir je dirais que saint Pierre et l’homme en blanc se tenant derrière la Sainte Vierge parce qu’il est le seul à porter un vêtement de cette couleur, mais ce serait mon seul argument…
Répondre
J
Merci Lucie de prolonger la contemplation de ce tryptique que nous n’avions pas terminé (et c’est peu que de le dire) de contempler. Merci pour ton interprétation partagée avec nous sur le visage de saint Pierre. En le regardant, avant de lire ton commentaire, j’ai pensé à l’accueil de ceux qui nous précèdent, des grands, des saints, de ceux qui suscitent l’admiration et entraînent. Je me suis dit que le visage de saint Pierre témoigne d’un certain sérieux, d’une retenue, mais peut-être comme la fierté d’un père envers son fils qui voit celui qu’il a patiemment accompagné, élevé…, arriver au but, ou plutôt… arriver à la Maison. Me reviennent les mots de Péguy cités par le Saint-Père François le 29 juillet 2022 (cf. http://jean1314.over-blog.com/2020/05/carnets-de-rome.html) : <br /> « Demandez à ce père si le meilleur moment, <br /> n’est pas quand ses fils commencent à l’aimer comme des hommes, lui-même comme un homme, <br /> librement […]. <br /> Or je suis leur père, dit Dieu, et je connais la condition de l’homme. […] <br /> Toutes les soumissions d’esclaves du monde me répugnent et je donnerais tout pour un beau regard d’homme libre […]. <br /> À cette liberté, à cette gratuité j’ai tout sacrifié, dit Dieu […]. <br /> Pour créer cette liberté, cette gratuité, <br /> Pour faire jouer cette liberté, cette gratuité » <br /> (C. PÉGUY, Le mystère des saints innocents). <br /> <br /> Peut-être que de la même façon que la vie sur terre est à vivre sérieusement et avec gravité, l’entrée au Ciel l’est tout autant. Cela n’enlève en aucune façon l’allégresse. La poignée de main m’a interpelée : l’accueilli à un genou à terre, respectueux, craintif, admiratif (c’est la moindre des choses devant saint Pierre). Je trouve que c’est comme si cette scène était représentée au début du mouvement et que saint Pierre ne serre pas la main, mais la tient plutôt pour relever celui qui entre dans la Joie du Ciel ! <br /> Merci pour la conséquence que tu tires du constat de ne pas reconnaître saint Pierre : « saint Pierre, après avoir été représenté d’une manière particulière à la Porte du Paradis, était ici comme « fondu » pour former, avec les autres Apôtres, une<br /> Communion »<br /> Merci Joseph pour ton beau commentaire !
Répondre
J
Merci Lucie pour la possibilité de poursuivre la contemplation de ce triptyque si profond et de prolonger la méditation autour de saint Pierre. Je suis touché en voyant un détail : saint Pierre n’est pas resté en haut, sur le parvis, pour simplement ouvrir la porte ; il a descendu le grand escalier de pierre, malgré sa fatigue et le poids porté, comme tu l’écris, pour accueillir le premier les nouveaux sauvés, et peut-être leur redire, de vive voix, comme il l’écrivait jadis : « Approchez-vous de lui : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle… » (Bible, 1ère lettre de saint Pierre, chapitre 2, versets 4 à 5). Ce ‘‘dépassement de fonction’’, est-ce une nouvelle réponse de saint Pierre à la question de Jésus : « « M’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » » (Bible, évangile selon saint Jean, chapitre 21, verset 15). Et merci de souligner que ce rôle particulier, saint Pierre a compris de le vivre comme un « serviteur quelconque » (Bible, évangile selon saint Luc, chapitre 17, verset 10), un parmi les autres. En revanche, je ne vois pas forcément une fatigue sombre, plutôt un épuisement, celui du lourd prix du salut de ces âmes.
Répondre
F
Merci pour le prolongement de la contemplation de cette œuvre. En effet, c’est dans un premier temps très étonnant, ce visage grave de saint Pierre. Mais je risque une pensée : ici le Purgatoire (que le Catéchisme de l’Église catholique définit ainsi : « Ceux qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu'assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d'obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. L'Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés »), ce Purgatoire, donc, semble ne pas être représenté. Et pourtant, il y a bien une étape transitoire entre le jugement qui sépare les bon d’avec les mauvais et celle de l’entrée définitive au Paradis par la porte qui est représentée à gauche. Peut-être cette montée des escaliers, et ce passage devant saint Pierre représente-t-elle justement le Purgatoire. Dans ce cas, on voit bien sur le visage de l’Apôtre qu’il s’agit d’une étape grave, marquée par la souffrance, bien que la destinée du Ciel soit maintenant certaine. Comme pour bien faire comprendre à ces âmes, pour qu’elles puissent goûter à la joie éternelle, que les fautes qu’elles ont commises ont certes été pardonnées, mais qu’elles ont tout de même coûté au Christ les souffrances de sa Passion… D’où, peut-être, le rouge sang du manteau de saint Pierre.<br /> Quoi qu’il en soit, merci de souligner la double présence de l’Apôtre, et son unité si forte avec les onze autres.
Répondre
C
Merci, Lucie, de prolonger ainsi notre contemplation en nous arrêtant sur Saint Pierre dans le collège apostolique, uni aux autres, mais aussi dans sa vocation particulière.<br /> A la porte du Paradis, avec cette clé si lourde, comme est lourde sa responsabilité, il me semble effectivement bien grave, comme sont graves d'ailleurs tous les visages; ce n'est pas encore la joie qui caractérise tous ces sauvés, comme si la lutte avait été âpre. <br /> Saint Pierre semble éprouvé; il sait, pour l'avoir vécu, combien est terrible le combat au cœur de chaque homme; c'est ainsi que j'interprète ce que tu soulignes: cette fatigue sombre qui peut étonner à la porte du Ciel...
Répondre