« L’heure bleue »

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Publié dans Dessin et peinture

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M
Merci Christine pour ce que tu partages avec nous sur « l’heure bleue », je n’avais pas connaissance de ce terme pour décrire « cette heure de lumière si délicate de l’entre-deux du soir ». Je l’ai découverte cet été, mais je ne sais pas si j’y avais avant déjà fait attention. J’essaierai d’être plus attentive l’été prochain…<br /> Merci pour les deux tableaux de Peder Severin Krøyer, dans le premier ce qui me frappe c’est surtout le fait que ce ciel bleu semble se confondre avec la mer. J’ai plus de difficulté dans ce tableau à bien reconnaître qu’il s’agit du soir alors que dans le second on imagine plus facilement je trouve la belle soirée d’été. J’aime beaucoup la lumière de la lune qui se reflète dans l’eau notamment sur les trois dernières petites vagues, je trouve cela vraiment bien fait.
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J
J’ai aimé regarder ces beaux tableaux profanes qui me transportent en cette « heure bleue » souvent goûtée avec bonheur ; je me rappelle notamment de souvenirs d’enfance à Erdeven, récemment dans la baie du Mont-Saint-Michel, ou plus encore un soir à Noirmoutier. Le mot « suspendu » revient deux fois sous ta plume, c’est exactement cela, avec une forme de tendresse silencieuse qui assouplit l’âme. Je trouve l’expression de l’épouse remarquablement restituée dans ce sens. La lumière sur la grève est particulièrement bien rendue dans le premier tableau, je trouve ; et dans le second, celle sur les franges des vagues, si belles. Quel talent chez ces Danois, je repense avec Joseph à l’exposition d’Hammershøi vue ensemble à Jacquemart-André.
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C
Merci pour ces vers de Verlaine, Joseph...
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J
Merci de partager avec nous ton émerveillement pour cette « heure bleue », qui m’a moi aussi particulièrement frappé cet été, grâce à l’observation d’un ami lors d’un soir où l’horizon entier était habité de ce bleu si particulier que tu décris bien : « cette heure de lumière si délicate de l’entre-deux du soir ». Merci pour la découverte du peintre Kroyer qui me rappelle une exposition sur un de ses disciples justement, Hammershøi. Je crois y retrouver la même « tonalité » que j’avais beaucoup aimée : la manière de traiter la lumière, dans un mélange de joie silencieuse (second tableau) et de paix remplie de douceur (premier tableau). Cela invite à la contemplation. Ce partage donne aussi d’entrevoir l’ambiance très particulière qui doit animer les paysages danois. Comme toi et Lucie, cette "heure bleue" m'évoque particulièrement la vertu du calme, et m'évoque ces vers de Verlaine : <br /> "Oui, je veux marcher droit et calme dans la Vie,<br /> Vers le but où le sort dirigera mes pas,<br /> Sans violence, sans remords et sans envie"
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J
Merci Christine. J’ai aimé apprendre ce nom « heure bleue ». Je me demande si cette « heure bleue » est essentiellement liée au bord de mer ? En lien avec le moment que tu rapportes (« Cette heure survient les longs soirs d’été, dix à quinze minutes après l’heure dorée du couchant et avant l’enveloppée de la nuit »), je trouve que ça donne une forme de joie de savoir que ce phénomène naturel, tout comme bien d’autres choses dans la nature, demandent de l’observation et de l’attention afin de savoir être présent au moment venu pour contempler. De plus, il y a aussi la dimension « vivante » qui fait que l’évènement n’est pas non plus systématique, ce qui ne peut qu’alimenter la gratitude lorsque ça se produit.<br /> J’ai aimé sur le premier tableau la présence discrète des dernières lueurs du soleil sur le sable que les traces des pas ont marqué, ainsi que le rappel de couleur donné par la ceinture et le chapeau d’une des deux jeunes femmes. J’ai particulièrement aimé contempler comment le ciel et la mer se fondent l’un en l’autre à tel point qu’il devient difficile, je trouve, de les dissocier. <br /> Sur le deuxième tableau, j’ai aimé la présence du chien avec son beau poitrail blanc au pied de son maître qui, quant à lui, illustre bien le style anglo-saxon. J'ai surtout aimé voir les tâches de lumière du soleil finissant sur les trois vaguelettes, et la luminosité discrète du soleil sur les vêtements clairs des deux promeneurs. Je trouve beau aussi le passage laissé par les vagues sur le sable à présent mouillé.
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F
Merci pour la possibilité de s’arrêter avec toi à « l’heure bleue » : bien que j’aime beaucoup ce moment, je ne l’avais jamais vu que comme un état transitoire entre le coucher de soleil et la nuit, peut-être parce que c’est un peu difficile de faire un « arrêt sur image ». Ce que j’aime beaucoup, c’est le dégradé à la fois si subtile et spectaculaire entre les tons à l’Ouest, encore très proches du bleu ciel car encore irradiés en hauteur par les derniers rayons du soleil devenu invisible au sol, et ceux à l’Est, qui tirent déjà vers le bleu nuit. Palette de bleus parfois complétés par une autre, du rose au violet, en passant parfois par le doré, que peuvent prendre les nuages. Merci pour le peintre, que je découvre, avec ces deux tableaux qui rendent bien cette « heure bleue ». Je suis particulièrement admiratif du premier, où ne sont pas encore disparues les dernières teintes dorées, que l’on voit au pied des deux femmes, et en haut des collines en arrière-plan. J’aime la sérénité qui se dégage de cette scène : les deux amies semblent cheminer à la frontière entre trois infinis, ceux de la mer, du ciel, et de la terre, sans que ce soit angoissant, bien au contraire. Dans le second tableau, j’ai particulièrement aimé le regard de la femme de l’artiste, où on peut lire, je crois, une forme de gratitude pour la beauté contemplée.
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L
Merci Christine pour cet article qui me conduit avec toi au repos et au calme de cette heure. Je ne savais pas qu’elle portait un nom, mais j’ai eu l’occasion cet été de goûter moi aussi à cette « heure bleue », « l’entre-deux du soir ». J’aime beaucoup les œuvres de Krøyer que tu nous fais découvrir, et en particulier le premier tableau. Ces deux femmes, de dos, relativement petites devant l’étendue du paysage, accentuent, je trouve, cette atmosphère d’intimité. Il me semble devoir me tenir là dans une forme de crainte, de respect, de silence, devant la réalité de cette heure, de cette lumière. J’aime aussi énormément le liseré jaune courant en bordure de mer, et se reflétant sur le chapeau et la ceinture de la jeune femme de droite. Moins éclatant, j’ai aimé également regarder l’horizon où ciel et mer ne se distinguent plus.
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