Le pas mesuré d'Enée

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L
Merci Jean pour ton commentaire et ce que tu dis sur la gratitude du fils portant fièrement son père comme un étendard, vigie donnant la route à suivre.
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F
Merci, Jean, pour ce que tu écris là, et qui me touche beaucoup : "Je ne pense pas qu’Énée attende de sa part de la gratitude, mais qu’il en ressent : n’est-ce pas son père, qu’il porte comme un étendard et non comme un fardeau, qui donne la direction à suivre ?"
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J
Merci Jean pour ce que tu exprimes de très beau sur l'étendard paternel !
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J
Merci pour cet article dont j’ai aimé le sens, manifesté notamment par le titre. On se sauve ensemble, ou on se perd ensemble !<br /> Deux éléments me semblent particulièrement profonds : la présence des statuettes, « vertu de religion », unique bagage et priorité absolue ; et le fait, comme tu le soulignes, que le père est porté sur l’épaule et non sur le dos. Cela me permet de rebondir sur le commentaire de Lucie : comment voir ce beau vieillard déterminé, au regard imperturbable de vigie, comme un râleur ? Je ne pense pas qu’Énée attende de sa part de la gratitude, mais qu’il en ressent : n’est-ce pas son père, qu’il porte comme un étendard et non comme un fardeau, qui donne la direction à suivre ?<br /> Quant au petit, je trouve son sort plutôt enviable : blotti entre les jambes de son père, à l’ombre de son aïeul, on lui a tout de même confié le feu !
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C
Merci Frantz, parce que je reçois cette œuvre vraiment comme cet " appel à être des tisseurs de lien entre les générations". <br /> Ce qui me touche le plus, c'est ce groupe compact et solidaire que forment Enée, Anchise et Ascagne ; même si l'on ressent très fortement la tension (les muscles saillants, les regards graves, la pénibilité perceptible du déplacement entravé par le vieil homme qui pèse de tout son poids et par l'enfant qui s'agrippe), ce qui se dégage principalement pour moi de cette statue et de cette histoire, c'est la détermination à se sauver ensemble et à puiser dans ce salut commun, avec l'aide des dieux, vaillance et audace.
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M
Merci Frantz pour la découverte pour moi de cette œuvre, je suis comme souvent tellement impressionnée notamment par les mains et les avant bras. C’est époustouflant. Les regards, pensifs et graves me frappent aussi. <br /> Merci aussi pour tout ce que tu partages avec nous, pour ces mots en particulier :<br /> « comme s’il voulait le hisser le plus haut possible et lui permettre de rester le buste bien droit, la tête haute. ». <br /> Je trouve beau cette fidélité en prenant cette statuette de leurs divinités protectrices alors même que Troie est en ruine. Sans doute sont-ils conscient de leur propre responsabilité. Et cela m’évoque tous ceux qui rejettent la faute de leurs malheurs, mal être, sur Dieu sans remise en cause et sans ouvrir les yeux sur leur responsabilité notamment par leur complète indépendance et indifférence à son égard.<br /> Merci de souligner la présence de ces trois générations et pour les mots du saint Père François.<br /> Merci Joseph pour ton commentaire.
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J
Merci Frantz pour cette œuvre partagée avec nous que je découvre. Je trouve remarquable de retrouver dans cette matière que je suppose pourtant si difficile à maîtriser, des expressions sculptées de visage et de regard. Je me suis arrêtée particulièrement sur les paupières à demi closes d’Enée et sur sa bouche entrouverte comme s’il cherchait un peu son air. Les expressions d’Anchise sont un peu son contraire je trouve avec ses yeux grand ouverts et ses lèvres serrées. Le visage d’Enée semble trahir sa fatigue. Merci pour ton commentaire sur le choix d’Enée de porter son père sur l’épaule. J’ai aimé voir en ce sens comme un miroir peut-être, la main d’Anchise appuyée sur l’épaule de son fils, signe de sa confiance offerte, car il sait qu’il peut compter sur lui. En ce sens, je n'ai pas vu de l’ingratitude chez Anchise comme tu l’écris Lucie, mais j’ai pensé à une forme de pudeur du père peut-être qui montre sa gratitude par cette main sur l’épaule?<br /> Que cette communion et cette transmission entre les générations rappelées par le Saint-Père François sont belles ! J’ai aimé ce que tu écris : « comme s’il voulait le hisser le plus haut possible et lui permettre de rester le buste bien droit, la tête haute » en pensant à ceux qui vivent le service quel qu’il soit auprès des anciens comme un service pour les aider demeurer dans leur dignité.
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J
Merci pour la découverte de cette sculpture – et de cette histoire mythologique – très inspirante, en plus d’être remarquable. Le choix même de sculpter dans un unique bloc de marbre ces trois « générations » est riche de sens : elles sont soudées dans la pierre ! Merci pour le rappel de ces si beaux mots du Pape François.<br /> J’ai été spécialement touché, avec une certaine « émotion », par le petit garçon essayant de suivre vaille que vaille son père. J’ai aimé voir son pied comme dans le sillage de celui d’Enée. Je trouve que Le Bernin a su évoquer de manière très forte un paradoxe : à la fois l’espérance de la transmission de ce feu, et en même temps, son caractère très fragile, menacé : le regard de détresse d’Ascagne semble nous prendre à témoin : que deviendra cette génération ? Ce petit garçon porte à la fois une magnifique promesse mais aussi une terrible responsabilité… Il y a quelque chose de déroutant, je trouve, à voir ce petit comme laissé pour compte ; ce qui n’est pas sans faire penser à ce qui se passe de notre temps.<br /> J’ai également beaucoup aimée la main d’Anchise posée sur l’épaule d’Énée, comme arc-bouté sur lui, et par la manière dont il appuie sur la tête de son fils cette tradition qu’il veut garder et transmettre. C’est beau de voir aussi la manière dont ces petites statues, qui pourraient sembler dérisoires en de telles circonstances dramatiques, sont portées comme un trophée, ou plutôt un flambeau. Il faut certainement beaucoup de grandeur d’âme pour savoir tenir l’essentiel dans le malheur et le danger. Énée m’apparaît donc ici comme une colonne, où tout est engagé en lui : tête et membres. Je suis frappé par la noblesse de son visage. Merci enfin pour ce que tu soulignes de sa piété filiale.
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L
Merci Frantz pour le titre que tu as choisi pour ton article. On imagine bien en effet, le pas court et mesuré de cet homme qui, malgré l’empressement et la hâte de la fuite, s’adapte au poids qu’il porte et à l’enfant qu’il ne peut prendre dans ses bras pour accélérer le pas. <br /> Je suis frappée par le regard d’Anchise qui me paraît particulièrement sombre, les yeux légèrement levés, il semble râler. Peut-être est-ce de la crispation, mais je ne vois en tout cas aucun signe de gratitude pour son fils qui l’extirpe des flammes de la ville. Enée au contraire semble être concentré exclusivement sur sa tâche éreintante. Les yeux mi-clos et la bouche entre ouverte. Je trouve ces deux visages aux expressions très fortes. Je suis très impressionnée aussi par la beauté des deux corps adultes.<br /> Merci pour les trois éléments que tu as relevés, en particulier la manière d’Enée de porter fièrement son père.
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