La Vierge aux Cerises

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Publié dans Dessin et peinture

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J
Merci Jean pour ce que tu soulignes : "Ce qui est frappant est que le plus souvent, dans les tableaux, Joseph s’efface devant la relation entre Marie et Jésus. Ici, c’est le contraire. Mais ils le lui rendent bien"
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J
Ce que je préfère contempler dans ce tableau est l’échange de rire, l’intimité complice, entre le petit et son père. Comme l’âne, cela m’amuse et m’attendrit... et me remplit d’admiration.<br /> Je trouve l’Enfant très beau et son regard très touchant.<br /> Ce qui est frappant est que le plus souvent, dans les tableaux, Joseph s’efface devant la relation entre Marie et Jésus. Ici, c’est le contraire. Mais ils le lui rendent bien, car je pense, comme Marguerite, que les cerises sont pour la Vierge (d’où le titre de l'œuvre, d’ailleurs) et que l’Enfant-Jésus n’est qu’un relais…<br /> J’aime bien ce que tu écris, Jeanne : « Je trouve saint Joseph d’autant plus admirable en le contemplant ici prendre du temps à jouer avec Jésus tout en portant sa lourde charge de mettre à l’abri ceux qui lui ont été confiés. »
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M
Merci Frantz pour ce que tu dis sur Marie Médiatrice. Merci Christine pour ce que tu en dis également à la fin de ton commentaire et de partager avec nous cet épisode de l’évangile apocryphe.
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C
Merci Lucie pour cette scène si douce d'un repos en Égypte où couleurs, sourires (celui de l'Enfant Jésus est si ravissant!), gestes (j'aime particulièrement le partage des cerises avec la Vierge Marie par la petite main de Jésus), tout dit que ce moment familial est rempli de paix et de bonheur.<br /> Il se trouve que j'avais découvert, il y a peu, un autre tableau charmant d' un repos en Égypte par Carlo Maratta, et l'épisode du "miracle du palmier" transmis par un évangile apocryphe du II ème siècle :<br /> " Deux jours après leur départ, il advint que Marie, dans le désert, souffrit de l’excessive chaleur du soleil, et, voyant un palmier, elle désira se reposer un peu à son ombre. Joseph s’empressa de la conduire près du palmier et la fit descendre de sa monture. Et, après que Marie se fut assise, levant les yeux vers le feuillage du palmier, elle vit qu’il était chargé de fruits, et elle dit : « Oh, s’il était possible que je puisse goûter des fruits de ce palmier. » Et Joseph lui dit : «Je m’étonne que tu dises cela, alors que tu vois combien ce palmier est haut. Toi, tu songes aux fruits du palmier, mais moi je songe à l’eau qui manque déjà dans nos outres, et nous n’avons pas de quoi les remplir et nous désaltérer. » Alors, le petit enfant Jésus, assis sur les genoux de sa mère la vierge, s’écria et dit au palmier : «Arbre, incline-toi, et restaure ma mère de tes fruits. » Et aussitôt, à cette parole, le palmier inclina sa tête jusqu’aux pieds de Marie, et, après avoir cueilli les fruits qu’il portait, tous se restaurèrent. Mais, après que tous ses fruits eurent été cueillis, l’arbre restait incliné, attendant pour se redresser l’ordre de celui qui lui avait ordonné de s’incliner. Alors, Jésus lui dit : « Redresse-toi, palmier, fortifie-toi et sois le compagnon des arbres que je possède dans le paradis de mon père. Fais jaillir de tes racines les sources cachées et que de l’eau à notre satiété en coule. » Et aussitôt le palmier se redressa et d’entre ses racines des sources d’eau limpide, fraîche et très douce se mirent à couler. Voyant couler ces sources d’eau, ils se réjouirent d’une grande joie, et ils burent avec leurs bêtes et leurs serviteurs en rendant grâces à Dieu." Évangile du pseudo-Matthieu<br /> De nombreux artistes ont peint cette scène et les dattes sont devenues des raisins ou des cerises, avec toute la symbolique si belle que tu évoques, Lucie.<br /> J'aime penser que, de même que la Vierge Marie est celle qui puise à la source jaillie au pied du palmier (ou cerisier), de même c'est elle encore qui puisera au pied d'un autre Arbre, celui de la Croix, l'Eau et le Sang du Salut jaillis du côté transpercé du Christ...
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F
Merci pour la découverte de ce tableau du Baroche. Je trouve très touchant le geste de saint Joseph envers l’Enfant Jésus, ainsi que leur échange de regard. Comme c’est beau de penser à l’amour qu’il y avait entre ces deux êtres, l’admiration de Jésus pour Joseph, le dévouement total de Joseph envers Jésus… Enfin, j’en parle bien mal, et je repense au livre « Saint Joseph, le premier chevalier du Christ », méditation si profonde et entraînante sur saint Joseph et sa relation à l’Enfant Jésus (http://www.qja.fr/2021/10/saint-joseph-le-premier-chevalier-du-christ.html). Merci pour l’explication de la symbolique de la cerise, et ce que tu relèves de la présence de l’eau, qui permet de comprendre l’annonce de la Passion du Christ, par amour, pour sauver les hommes et leur ouvrir le Paradis. On comprend que le salut du genre humain s’opère déjà là, au sein de la Sainte Famille, par l’amour mutuel de ces trois personnes : Jésus, Marie, et Joseph. Je trouve très beau également le geste de la Sainte Vierge puisant l’eau, et je pense à son beau titre de Médiatrice de toute grâce, qui dit son rôle constant de puiser dans le Cœur de Dieu les grâces dont nous avons besoin et de les répandre sur ceux qui les accueillent.<br /> J’aime la présence de l’âne, la bonté de son regard, et le crépuscule (me semble-t-il) en arrière-plan. <br /> Par contre les couleurs très vives m’ont étonné, et j’ai vu que sur le site du musée du Vatican (https://m.museivaticani.va/content/museivaticani-mobile/fr/collezioni/musei/la-pinacoteca/federico-barocci--la-madonna-delle-ciliegie.html), les deux photographies ne rendent pas les mêmes couleurs. À contempler en vrai, donc !
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M
Merci Lucie de partager avec nous cette œuvre du Baroche et pour tout ce que tu exprimes.<br /> Ce qui m’a frappée au premier regard ce sont toutes ces couleurs (mais qui me paraissent plutôt des couleurs chaudes et vives) qui envahissent le tableau. J’aime beaucoup celles des vêtements de saint Joseph. Je trouve très touchant cet échange entre l’Enfant-Jésus et son père saint Joseph, ce si beau regard de Jésus non pas porté vers les cerises mais bien vers son père, son sourire, celui de saint Joseph. Je vois le manteau rouge de saint Joseph dans un mouvement peut-être suggérant le vent, mais j’aime le voir comme le fait qu’il soit resté accroché aux branches alors que saint Joseph se démenait pour attraper les meilleures cerises. Il me semble aussi que Jésus lui-même de sa main gauche offre ces cerises à sa tendre Mère. Peut-être tous deux s’amusent-ils justement de cette complicité à prendre soin de la Vierge Marie.<br /> Je suis touchée par la douceur et le calme qui se dégage de Marie et la délicatesse avec laquelle elle tient la coupelle et recueille l’eau.<br /> Je trouve amusant aussi de voir l’Enfant-Jésus sur ce gros coussin. Et me demande ce qu’il y a dans le sac en bas à gauche du tableau, que je ne devine pas.
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J
Merci pour la découverte de ce tableau du Baroche. J’aime beaucoup l’échange de regards entre saint Joseph et l’Enfant Jésus ; la bonté paternelle du premier, et la joie enfantine, pleine de confiance du second, qui exprime un si bel amour filial, si simple et intense. Je suis touché par cette complicité pleine d’affection mutuelle, relayée encore par ce bon sourire de l’âne, qui montre combien lui aussi est présent dans cette petite communauté joyeuse. Pour moi, aucune ombre dans ce tableau aux couleurs si chaudes : c’est que l’Enfant et sa Mère sont entre de bonnes mains…
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J
Merci Lucie de me faire découvrir ce tableau que j’ai aimé contempler. J’aime la complicité entre l’Enfant Jésus et saint Joseph qui ne perd pas une occasion de prendre soin de Jésus. L’Enfant Jésus est beau et bien vivant avec son sourire et son air coquin. J’aime le beau sourire de saint Joseph ainsi que son vêtement rouge qui rappelle le rouge des cerises. C’est très touchant de le voir quasiment surgir de l’arbre et tendre, à peine descendu du cerisier comme le suggère sa main gauche qui tient encore la branche, les fruits récoltés pour Jésus. La position de l’âne face au paysage de l’arrière plan me rappelle, au milieu de cette douce scène familiale, la gravité des évènements que la Sainte Famille fuit. En ce sens, je ne trouve pas comme toi que l’âne a un « regard riant ». Il me semble prendre le relais de veille de saint Joseph pour que ce dernier se repose un moment près de la joie de l’Enfant et de la Mère. Je trouve saint Joseph alors d’autant plus admirable en le contemplant ici prendre du temps à jouer avec Jésus tout en portant sa lourde charge de mettre à l’abri ceux qui lui ont été confiés. Je suis touchée de contempler la Vierge Marie entre le père et le fils. Ils ne la regardent pas, elle non plus ne les regarde pas, mais sa place au milieu d’eux souligne magnifiquement le lien qu’elle est entre Jésus et Joseph.
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