« Il s’est fait attacher au mât du bateau »

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Publié dans Musique, Danse

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J
Merci pour ce bel article entre mythologie antique et catholicité ! La musique de Debussy est intéressante, notamment le passage jusqu’à 0,52 qui m’évoque bien l’univers nautique. Merci Christine et Joseph pour vos commentaires dans lesquels je retrouve des choses que je pensais exprimer sur le fond.
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C
Merci Marguerite pour ce partage qui me donne à contempler le grand Mât du navire de notre traversée, la Croix du Christ, et davantage encore, m'exhorte à m'y attacher pour éviter de me briser sur les écueils du monde et pour ne pas risquer le naufrage.<br /> J'ai trouvé la musique de Debussy très suggestive: j'y ai entendu comme quelque chose d'un arrachement très douloureux, des cris que les instruments doublent de sons déchirants, le côté hypnotique venant justement de cette perte de contrôle inexorable (au sens étymologique: qu'on ne peut fléchir par des prières)...<br /> Je suis,moi aussi, touchée par les liens d'Ulysse et de ses compagnons (qu'elle est belle cette expression:"ils resserreront les liens", au sens propre et au sens figuré!): le salut n'est pas une affaire individuelle.Je pense à ces mots de la Bible "Un frère appuyé sur un autre frère est une citadelle imprenable"(Proverbes 18,19).<br /> Les recommandations du Pape François qui prend soin de chacune de nos aventures humaines, en Bon Berger qui veut qu'aucune brebis ne se perde, sont si justes et fortes en notre monde empli de sirènes...
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F
Merci pour cette réflexion sur le mythe d’Ulysse, que je trouve extrêmement intéressant. Comme Lucie, je retiens tout particulièrement la docilité d’Ulysse aux conseils de Circé, et la grande leçon de l’humilité consistant à suivre les conseils de ceux qui savent. Me frappe aussi le fait que si Ulysse obéit, c’est qu’il a la ferme intention de parvenir au but de son voyage, ce qui est contraire à l’attitude assez contemporaine de papillonner, divaguer à droite à gauche pour faire un maximum d’expériences, bonnes ou mauvaises d’ailleurs. Je suis en ce sens très touché par l’enseignement plein de sagesse du Pape François, qui pointe du doigt les sirènes d’aujourd’hui, et dénonce le fait que ces tentations « ne laissent que de la fumée dans l’air ». Merci pour la symbolique que tu rapportes de la Croix comme mât. Merci également pour l’œuvre de Debussy, que je trouve extrêmement évocatrice ! Il traduit exactement, à mes yeux (ou plutôt à mes oreilles), le côté fascinant, envoûtant, tout en portant une gêne intrinsèque qui conduit à la peur et l’angoisse, du chant des sirènes, attirantes au début et destructrices au final. Je trouve aussi, d’un point de vue purement esthétique, la grande capacité de Debussy à rendre une certaine ambiance aquatique.
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J
Merci pour cette méditation offerte autour de ce passage de l’Odyssée, dans la profondeur de ce récit, profondeur encore relevée par l’éclairage chrétien donné par le Pape François. Tout d’abord, j’ai été très touché par son expression désignant notre vie humaine comme un « voyage aventureux vers la Maison du Père ». Comme cette perspective est belle et enthousiasmante ! Merci aussi pour la photo de fin d’article, dans cet esprit du voyage attaché à la Croix. <br /> Être attaché à la Croix, pour ne pas céder au chant des sirènes… Comme cela est profond et crucial, alors que tant de voix discordantes veulent faire dévier les hommes de leur voyage de retour vers le Père du Ciel. <br /> Cet épisode de l’épopée d’Ulysse porte pour moi un double enseignement : premièrement, que pour éviter le mal, il s’agit de prendre la bonne décision et d’être dans la bonne disposition avant que celui-ci n’advienne. Après, il est trop tard. J’y vois une leçon de prudence et d’humilité : reconnaître ne pas être capable seul de lutter contre ces voix, de savoir sa liberté bien fragile, et de s’arrimer sans compromission à ce Mât. <br /> Deuxièmement, je me demande si cette prudence d’Ulysse n’est pas insuffisante, à la lumière de cette phrase de la Bible qui m’est aussitôt revenue : « Je n'aurai pas même un regard pour les pratiques démoniaques. » (Psaume 100, verset 3). La vraie humilité n’est-elle pas de ne même pas vouloir du tout écouter le chant des sirènes en mettant simplement ces bouchons de cire ? On entend parfois que c’est important de faire l’expérience du mal pour pouvoir « choisir ». Il me semble que c’est oublier que toute expérience du mal a des conséquences. Et la première, c’est qu’elle provoque les souffrances du Crucifié pour nous donner ce Mât. Il y a aussi les compagnons qu’on provoque à résister. Sans doute, Dieu qui tire un bien de tout mal peut transformer cela en victoire, mais à quel prix…<br /> Dans l’extrait de l’œuvre de Debussy, j’ai été frappé par l’impression « dissonante » dès le départ, avec les notes furtives du basson (il me semble). J’ai cru rem arquer aussi que c’est le même thème, dès le début, qui « ondule » ensuite en effet pour devenir ce tourbillon angoissant, comme si là encore l’artiste voulait souligner que le mal, même si déguisé, commence aux premières notes de son passage.
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L
Merci Marguerite pour ton partage, pour la découverte de ce mythe et les mots du Pape François que tu rapportes ici. <br /> Ce qui me frappe dans l’attitude d’Ulysse, c’est qu’avant d’entendre le chant des sirènes, il se fait attacher au mât. Donc, non seulement il prend au sérieux l’avertissement reçu par Circé, mais en plus il a le courage, contre la pensée vaniteuse que tant auraient, de ne pas se croire fort et capable de résister tout seul mais de demander à ses compagnons de l’attacher. Je trouve cela remarquable ! Sans doute avait-il une forte conscience du but de son voyage et de l’importance d’arriver à bon port. Dans ce sens, je trouve très réjouissant que le Pape François débute ce texte par rappeler, en des termes très beaux, le but de notre voyage : « la Maison du Père ».<br /> J’aime aussi dans le mythe la présence des compagnons qui résistent et resserrent les liens. Ulysse leur doit tout !<br /> Merci pour la découverte musicale, même si je dois reconnaître qu’elle m’a mise mal à l’aise. Je ne trouve pas ce chant attirant, bien au contraire…
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J
Merci Marguerite pour la manière dont tu as illustré ton sujet par les paroles du Saint-Père François et l’œuvre musicale de Debussy. Cette dernière est en effet bien parlante avec les premières secondes d’écoute qui se transforment bientôt en un chant que je trouve insupportable et désordonné. Merci pour la photo du mât avec la symbolique particulièrement belle de l’attachement à la Croix du Christ. C’est vraiment intéressant de percevoir à travers l’extrait de l’Odyssée d’Homère la force de l’avertissement qui protège du danger. Il y a aussi que l’écoute de l’avertissement donné ne rejaillit pas uniquement sur Ulysse, mais aussi sur tous les autres. L’équipage avait besoin des bouchons de cire pour ne pas entendre. Il avait également besoin qu’Ulysse qui les conduisait, ne soit pas perdu par les sirènes. Si Ulysse n’avait pas écouté l’une ou l’autre instruction, tous auraient péris. Je suis émerveillée et j’ai beaucoup de gratitude pour la bonté du Pape François qui livre une fois de plus sa sagesse et son expérience de vie pour avertir et donner l’arme nécessaire à ceux qui sauront se mettre à son écoute : se faire attacher au mât du bateau. Je suis touchée par la recommandation « se faire » qui me ramène au secours vital que sont les autres comme l’ont été les compagnons d’Ulysse. Demander de l'aide au cours du voyage demande de l'humilité. Les compagnons ne se sont pas contentés de répondre à la demande d’Ulysse d’être attaché au mât, mais ils ont resserrés les liens au cours du danger pour ne pas que leur chef sombre.
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