Âme damnée, âme sauvée

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M
Merci Frantz pour la découverte de cette représentation de l’âme damnée et sauvée. Concernant la sculpture de l’âme sauvée, j’aime bien ce regard vers le Ciel, vers le Sauveur et cette couronne de fleurs reçue par ceux qui prendront place à ce festin dont tu parles. Pour l’âme damnée, je suis frappée par cette bouche grande ouverte et le cri que l’on imagine.<br /> Merci d’insister dans ce que tu écris sur la gratuité du Salut accordé et pour la citation de saint Paul.
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J
Du point de vue esthétique, je ne suis guère sensible à cette œuvre ; néanmoins la symbolique en est forte, même si je doute de ce que tu dis, Lucie « Il doit être impossible de le voir “en vrai” sans en être profondément ébranlé » : il me semble que l’être humain a tant et tant d’occasions bien plus marquantes qu’un morceau de pierre de voir ce que produit le péché dans le monde et en lui, et cela ne l’empêche pas de s’y vautrer… <br /> Reste l’espérance de la Parole de Dieu citée. Ce soir, le regard de « l’âme sauvée » m’évoque celui de mon lévrier ou de ma bergère allemande.
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C
Merci Frantz pour cette œuvre si expressive du Bernin qui était aussi dramaturge et poète et semble ici sculpter un drame, fixer en une parole de marbre quasi théâtrale la destinées possibles de l'âme humaine. Ce que je trouve le plus saisissant, c'est justement cet aspect définitivement et terriblement figé ; la liberté de choisir Dieu et Son Amour ou de les refuser a inscrit dans le marbre et pour l'éternité ces visages et leurs traits.<br /> Ces deux visages m'ont fait penser à beaucoup de représentations d'une des dernières scènes de la vie du Christ: Il est crucifié entre deux "larrons", deux criminels couverts de leurs ignominies; l'un ne cesse de l'insulter, de se moquer de lui, de le mette au défi avec une haine féroce (je vois le visage de l'âme damnée); l'autre se laisse bouleverser et convertir par le regard du Christ et il implore Sa miséricorde; il recevra , avant que Jésus ne rende le dernier souffle,la plus magnifique des promesses:"aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis."(Évangile selon Saint Luc 23;39-43). C'est la destinée de toute âme sauvée. Et elle peut l'être en ses derniers instants de vie...
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J
Merci pour la découverte de cette double-œuvre très suggestive. Je suis spécialement frappé par le buste de l’ « âme damnée », dont l’expression montre un terrible vide, il me semble. Pour moi, les deux yeux de l’homme ne nous fixent pas, ils sont perdus dans une sorte de mirage. J’ai aussitôt repensé à cette célèbre phrase de Bernanos dans Journal d’un curé de Campagne : « l’Enfer, c’est de ne pas aimer » et aussi à la phrase citée par Jeanne, extraite de l’Imitation. On ressent fortement ce cri de solitude, de non-sens ; une sorte d’énervement permanent, horrible, tellement en contraste avec l’attitude paisible de l’ « âme sauvée ». Je vois aussi le soupir dont parle Lucie, comme un soupir de soulagement, qui rappelle que le salut offert est loin d’être une évidence… J’aime ce regard comme lavé par les larmes du repentir et plus encore par la Miséricorde de Dieu.<br /> Merci enfin pour ce si beau passage de la Lettre de saint Paul à Tite que tu cites, qui est un appel !
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J
Merci Frantz pour ces deux sculptures et le contraste très fort qui ressort davantage en les contemplant l’une à côté de l’autre. Je trouve que l’âme damnée semble ne rien pouvoir exprimer par des mots. Même si sa bouche est ouverte tout n’est que balbutiement. Son action de grâce dépasse les mots pour saisir tout son être. Je trouve les traits de leur cou très bien représentés. Ils sont différents, car chez l’âme damnée j’y retrouve de la tension, et à l’inverse, de l’apaisement chez l’âme sauvée. Les traits tendus de l’âme damnée donne une impression d’un être complètement fou avec ce que tu décris sur son regard et son mouvement de fureur. Regarder cette sculpture me donne l’impression d’une personne complètement folle ou encore d’une bête enragée et sauvage. Me revient alors cet extrait de l’Imitation de Jésus-Christ définissant la réalité glaçante de l’état de l’enfer qui peut commencer dès la vie sur terre : « L’enfer pour moi, c’est vivre en ton absence » (page 208).
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L
Merci Frantz pour ce que tu partages avec nous. J’ai imaginé ces deux bustes, bien placés dans une sacristie, et j’ai été vivement interpelée par l’effet que cela devait produire sur les prêtres et les servants d’Autel avant de commencer la célébration de la Messe. Je trouve le buste de l’âme damnée tellement violent qu’il doit être impossible de le voir « en vrai » sans en être profondément ébranlé. Cela devait avoir un effet fort positif et entraîner vivement à la conversion, à la remise en cause. <br /> Merci pour ce que tu exprimes sur les regards, l’un éternellement tourné vers le Ciel, et l’autre, à l’horizontal, ou même vers le bas. Merci aussi d’avoir souligné l’attitude de gratitude de l’âme sauvée, en ce sens j’ai aimé m’arrêter sur la forme des lèvres : elles semblent s’être figées dans un soupir de reconnaissance.<br /> Je suis impressionnée par la capacité de l’artiste à faire à ce point transparaitre la paix intérieure d’une part et le tourment de l’autre…
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