Moissons

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Publié dans Dessin et peinture

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M
Merci Christine pour le partage de ton regard et de ton émerveillement devant les champs de blé, pour les différents liens que tu fais avec la foi catholique et de rappeler ce nom de Dieu qu’est « Maître des moissons ». Merci pour les si beaux vers de René-Guy Cadou et particulièrement ces mots : « C’était Vous si intimement ». J’aime beaucoup le tableau de Léon Augustin Lhermitte, ces hommes et ces femmes qui travaillent ensemble et peints en plein effort, leurs différentes postures, leurs vêtements, le regard tourné vers nous de cette femme à droite du tableau, et puis ces montagnes au fond. <br /> Dans le détail du tableau de van Gogh c’est la couleur vive du blé que je trouve belle et qui rejoins je trouve le vers de René-Guy Cadou « Mais tous ces blés en feu ».<br /> Merci Joseph pour ton commentaire et le texte d’Antoine de Saint-Exupéry.
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J
Merci pour l’émotion de relire ces admirables vers de Cadou. J’ai beaucoup aimé l’expression de ta propre poésie : « tempes blondes de juillet » ; la métaphore du vêtement liturgique, ou encore cette phrase : « Splendide et harassant est le labeur des hommes qui travaillent des jours durant, dans l’immense poussière d’or des moissons, sous le soleil accablant, ou se hâtant entre deux orages, pour récolter les gerbes et engranger le grain. »<br /> J’ai admiré le tableau de Léon Augustin Lhermitte, y retrouvant parfaitement ce « flot indistinct » dont tu parles ; ainsi que le détail de Van Gogh, qui m’évoque une sorte de pureté enfantine. J’ai aimé ce que tu écris sur l’intensité de vie, le lien avec l’Eucharistie, l’Enfant-Jésus et le grain de blé…<br /> Merci, Joseph, pour le bel extrait de Citadelle.
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L
Merci Christine pour la poésie si belle de ton partage. Cela ouvre grand le regard sur la réalité qui nous entoure. Merci pour ton émerveillement et pour l’abondance de tout ce que tu as su saisir au vol devant la beauté d’une telle campagne.<br /> J’aime la beauté de la lumière du soir sur les épis de blé telle que tu la décris ; l’image de la broderie ecclésiastique entremêlée d’or et de bleu (j’ai découvert que les champs de lin étaient bleus !) ; et la perception du poids du jour et du travail harassant de la moisson, à travers tes mots et la peinture de Léon Augustin Lhermitte. J’ai beaucoup aimé regarder ce tableau, les couleurs ocres et ce « flot indistinct » dont tu parles. Il me semble qu’il y a une sorte de sobriété dans cette œuvre qui souligne le respect que nous devons à ses travailleurs écrasés sous le poids du labeur, mais fidèles au poste.<br /> Merci enfin pour tout ce que tu rapportes en lien avec la foi catholique. J’ai été touchée ce soir en particulier par ces deux réalités : la profusion de vie : « à raison de cent pour un » et le titre de Dieu : « Maître des moissons ».
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F
Merci pour cette contemplation poétique à partir des moissons ! Je suis particulièrement frappé par la dimension de travail, qui ressort dans plusieurs éléments qui me touchent : « Splendide et harassant est le labeur des hommes qui travaillent des jours durant, dans l’immense poussière d’or des moissons, sous le soleil accablant, ou se hâtant entre deux orages, pour récolter les gerbes et engranger le grain » ; « ardeur fébrile pour un travail immense et beau, ordonné à la faim des hommes », et ce que tu partages, Joseph, de Saint-Exupéry : « alors le travail qui n’était que fonction pour la nourriture devient cantique ». Je pense au récit de la Genèse, où Dieu dit à l’homme, juste après le péché originel, que désormais, « C’est dans la peine que tu tireras [du sol] ta nourriture, tous les jours de ta vie » (Livre de la Genèse, chapitre 3, verset 17). C’est certainement la punition que l’homme s’est infligée à lui-même en se coupant de Dieu qui lui donnait tout ce dont il avait besoin, mais sans doute est-ce en même temps un chemin de rédemption pour l’homme. D’ailleurs, outre les citations bibliques que tu donnes, Jésus ne reprend-il pas l’image du moissonneur pour parler de Dieu qui sème sa Parole dans nos cœurs ? (Évangile selon saint Matthieu, chapitre 13, versets 3 à 23). Je trouve très beaux les vers de René-Guy Cadou. Merci pour ton image poétique du vêtement ecclésiastique, avec le très beau mot « passementeries » que j’ai découvert. Le tableau de Lhermitte me plaît beaucoup. Je te rejoins tout à fait lorsque tu parles d’une « impression de chaleur harassante et d’intense immersion dans la besogne ». Et ce champ de blé ondulant comme une mer (tu parles bien de flot) ! Enfin, ce détail du tableau de Van Gogh me saisit : ce n’est plus du blé, c’est de la lumière !
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J
J’ai aimé contempler dans le tableau de Léon Augustin Lhermitte les moissonneurs à la faux avec les blés jusqu’aux genoux qui dégagent un espace au fur et à mesure de leur avancée. Les femmes l’emploient notamment pour lier les gerbes. J’aime les couleurs du ciel nuageux celles des blés.<br /> Merci pour le lien poétique fait dans ce que tu écris : « Ainsi, les broderies d’or des blés, ourlées de loin en loin de fins champs de lin bleu, passementeries de la Vierge Marie dont c’est la couleur, sont comme les ornements liturgiques de l’été... ». Je rejoins ton émerveillement concernant la « beauté des champs de blé, juste avant la moisson, particulièrement le soir ». <br /> Je trouve réjouissante la simplicité (« Qu’il suffisait alors de pousser la fenêtre ») que relève le poète René-Guy Cadou qu’il suffit pour s’ouvrir à la présence de Dieu et « que la joie pénètre et pour Vous reconnaître. » <br /> Merci Joseph pour le bel extrait de Citadelle avec ceci que j’ai particulièrement aimé : « Je veux qu’ils servent ma gloire quand ils flagellent les blés » « le travail qui n’était que fonction pour la nourriture devient cantique ». Je trouve que c’est une belle image du travail sanctifié qui peut s’appliquer selon des formes différentes, à tous types de travaux. Merci pour la leçon de la moisson que tu relèves : le don de soi, car je pense à la belle association faite dans « La Route du Lion » (dans la magnifique description de l’automne, chapitre 17 « L’embuscade ») entre la vertu et la couleur or : « l’or de la charité ».
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J
Merci pour ce très bel article sur les moissons. J’ai aimé d’abord ton expression poétique des « tempes blondes de juillet » ; j’ai aimé aussi découvrir les champs de lin bleu ou encore le mot « passementerie ». J’ai été touché par les magnifiques vers de René-Guy Cadou : <br /> « Mais tous ces blés en feu dans les cristaux du soir se reflétant<br /> C’était Vous si intimement<br /> Qu’il suffisait alors de pousser la fenêtre<br /> Pour que la joie pénètre et pour Vous reconnaître. » <br /> J’ai trouvé très beau le lien, évident mais si profond, fait avec l’Eucharistie, et notamment ta découverte de ce très beau chapiteau à Langonnet, dont la symbolique me touche profondément : Dieu qui se donne à manger dans la faiblesse extrême, Lui le Pain essentiel de l’homme, après avoir été « moulu » sur la Croix. <br /> J’ai également aimé découvrir ce beau tableau du peintre Lhermitte, spécialement la manière dont il suggère l’accord des gestes, la chaîne silencieuse et précise du travail commun. Cela m’évoque la spécificité du rôle précis de chacun dans la moisson. Tout cela rappelle également la valeur toute particulière du pain, trop perdue aujourd’hui, mais bien illustrée par l’anecdote que tu rapportes de cet écriteau du tracteur de l’agriculteur. Ton article, avec son évocation de la Liturgie, m’a rappelé ce texte d’Antoine de Saint-Exupéry qui me semble bien accordé au sujet :<br /> « Je veux qu’ils servent ma gloire quand ils flagellent les blés et qu’éclate autour l’écorce d’or. Car alors le travail qui n’était que fonction pour la nourriture devient cantique. Car voilà qu’ils sont moins à plaindre, ceux dont les reins plient sous les sacs lourds, quand ils les portent vers la meule. Ou les remportent, blancs de farine. Le poids du sac les augmente comme une prière. Et voilà qu’ils rient, joyeux, quand ils portent la gerbe comme un candélabre de graines avec ses pointes et son rutilement. Car une civilisation repose sur ce qui est exigé des hommes, non sur ce qui leur est fourni. Et certes ce blé, ensuite ils reviennent épuisés et s’en nourrissent. Mais là n’est point pour l’homme la face importante des choses. Ce qui les nourrit dans leur cœur ce n’est point ce qu’ils reçoivent du blé. C’est ce qu’ils lui donnent. » (Citadelle, IX). <br /> Ainsi, dans tout ce partage, il me semble que la leçon de la moisson est donnée, à travers l’image du grain de blé : le don de Dieu – immense et gratuit – qui appelle au don de soi.
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