''Nous glissons ensemble vers un commun épuisement...''

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M
Merci Christine de nous partager ces lignes d’Abraham et de Saint-Exupéry, cela donne très envie de découvrir ces livres que je ne connais pas, comme ces récits doivent être extraordinaires et captivants. Merci de nous parler de cette subtile alliance de l’homme, de la nature et de la machine et de ce que vivaient ces hommes de tellement hors du commun, des vies offertes au service de leurs contemporains, des âmes d’aventuriers et de héros.<br /> Merci Joseph et Jean pour vos commentaires.
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C
Oui, l'ampoule rouge du tabernacle: le meilleur phare…<br /> Merci!
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J
Merci Christine de me faire découvrir par tes mots le travail de soldat mené par ces hommes : « Ils luttaient de même aux côtés de leurs machines ». Je trouve très fort l’extrait du carnet de bord de Jean-Pierre Abraham et j’ai cru y lire les soins d’urgence apportés à un blessé. L’image que tu as choisie du phare dans la tempête m’a bien aidé à imaginer la violence du travail tard dans la nuit avec l’angoisse que ce combattant de l’ombre devait connaitre craignant pour d’autres un naufrage en mer. Je trouve très belle la quête de réconciliation qu’à l’homme et qu’il trouve en s’alliant (avec la machine comme ici) pour le service, en affrontant plus grand que lui, afin de recevoir sa place de créature. Merci Jean et Joseph particulièrement pour vos commentaires magnifiques et qui m’ont aidée à mieux accueillir l’article.
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J
Merci beaucoup Jean pour ton très beau commentaire, et d’avoir su voir ce signe de « l’ampoule rouge » en lien avec le tabernacle; comme c’est beau ! Merci aussi pour ces mots : « nulle alliance, nulle communion, sans combat. ».
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F
Merci Jean pour ce que tu dis sur "les combattants qui ont voué leur vie à Dieu dans la prière et l’offrande cachée d’eux-mêmes". Et pour le rapprochement que tu fais avec la petite lumière rouge du tabernacle.
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J
Merci pour cet article si pertinent « aujourd’hui, où l’homme est tenté d’asservir la nature, où la machine tend à remplacer l’homme et à le dominer, et où l’homme cherche son identité et sa place dans l’Univers ».<br /> Je l’ai reçu à deux niveaux.<br /> Dans un premier temps, j’admire pour ce qu’ils furent, comme quand j’étais petit avec mes héros Jean Mermoz en bande dessinée ou Guillaumet au Futuroscope, ces hommes si virils, courageux ; et tellement en harmonie réaliste avec la nature et leur machine, harmonie qui ne va pas sans le fait de « se mesurer avec ». C’est toute une parabole dans un monde aseptisé : nulle alliance, nulle communion, sans combat.<br /> Un second niveau de lecture m’est inspiré par ce que tu écris : « Et la dernière alliance devait se faire avec eux-mêmes, par delà l’inévitable solitude ; minés par la fatigue, étreints par la peur, guettés par le découragement et happés parfois par la désespérance devant le poids insignifiant de leurs efforts à la face du monde, ils leur fallait combattre avec eux-mêmes et se réconcilier sans cesse avec une vocation hors du commun. »<br /> Ici je rejoins ce qu’en dit Joseph : « Ils m’évoquent beaucoup de combattants cachés aujourd’hui, qui tiennent aussi le monde par leur vie généreusement offerte, sans qu’on pèse vraiment le poids de leur sacrifice. Ce qui me touche beaucoup, c’est la haute conscience de sa responsabilité qu’on ressent dans l’esprit de ce gardien de phare, et la fidélité à son poste, au cas où on aurait besoin de lui. Quelle magnifique leçon sur l’exigence d’être prêt, maintenant, sans être sûr que cela serve, mais tenir, au cas où… J’imagine que cela demande beaucoup de désintéressement, d’abnégation et aussi d’humilité. »<br /> Pour ma part, clairement, cela m’évoque les combattants qui ont voué leur vie à Dieu dans la prière et l’offrande cachée d’eux-mêmes. Quelle vocation davantage « hors du commun » que celle-là aujourd’hui ? Et en imaginant la lumière du phare, et plus encore « l’ampoule rouge de la carlingue », comment ne pas penser à celle du tabernacle…
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L
Merci Christine pour la beauté de tes mots par lesquels tu nous offres ce partage. Ils me touchent. J’aime la manière dont tu parles de cette attention et tension de l’homme vers sa machine (qui n’ont pas grand-chose à voir avec les machines actuelles) : « guettant la respiration d’un moteur, la vaillance d’une hélice ou d’une paroi vitrée, la survie d’un feu ». <br /> Le paragraphe sur la réconciliation de ces héros avec eux-mêmes me touche également. <br /> Ce qui est frappant c’est le contraste entre une faiblesse consciente et assumée de l’homme avec sa machine, et la force violente et vigoureuse de la nature. Paradoxalement, c’est comme si c’était cette disproportion de l’un face à l’autre qui donnait à ces héros leur carrure ! (carrure qu’il ne peut donc plus y avoir si l’homme, avec sa machine, se sent fort et bien sûr de lui…)<br /> Merci pour les deux extraits. Ce qui est certain, c’est que ton partage donne très envie de lire ces écrits !
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F
Merci Christine pour le partage de ces figures héroïques, qui ont su allier « l’homme, la nature et la machine ». Comme tu le dis, cette alliance est périlleuse, c’est un affrontement qui aujourd’hui ne semble plus qu’une guerre ouverte. Aussi je trouve très beau ces récits d’hommes qui s’engageaient humblement dans cet affrontement, à la fois pour rendre service, aller au bout de leurs capacités (et même au-delà, manifestement), et par goût de l’inconnu, cette attirance vers le tout-autre. Ce qui me frappe, c’est que ce devoir où danger et incertitude règnent demande une formidable constance : « Il faudra des nuits encore plus longues, des pluies interminables, savoir s’en aller et revenir, comme le courant et le vent. » Je suis aussi saisi par ces mots : « il n’apercevait plus rien du monde que l’ampoule rouge de la carlingue ». C’est de la folie ! Ou peut-être est-ce une foi extraordinaire : pour vivre réellement, l’homme n’a-t-il pas besoin de faire ce saut dans le vide, d’aller droit vers l’inconnu, l’incertain, pourvu qu’il trouve plus grand que lui ? C’est ce que je comprends dans ces mots : « combattre avec eux-mêmes et se réconcilier sans cesse avec une vocation hors du commun ».
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J
Merci pour cet article qui me touche beaucoup et qui provoque en moi admiration et enthousiasme pour ces « sentinelles » et ces « passeurs », dans leur combat marqué par une certaine solitude, et qui risquaient leur vie pour un service. Ils m’évoquent beaucoup de combattants cachés aujourd’hui, qui tiennent aussi le monde par leur vie généreusement offerte, sans qu’on pèse vraiment le poids de leur sacrifice. J’ai trouvé très intéressant ce que tu exprimes sur cette triple alliance à renouer entre l’homme, la nature et la machine ; mais j’ai surtout été touché par tes mots dans ce paragraphe : « minés par la fatigue, étreints par la peur, guettés par le découragement et happés parfois par la désespérance devant le poids insignifiant de leurs efforts à la face du monde, ils leur fallait combattre avec eux-mêmes et se réconcilier sans cesse avec une vocation hors du commun. »<br /> Ce qui me touche beaucoup dans l’extrait d’Armen, c’est la haute conscience de sa responsabilité qu’on ressent dans l’esprit de ce gardien de phare, et la fidélité à son poste, au cas où on aurait besoin de lui. Quelle magnifique leçon sur l’exigence d’être prêt, maintenant, sans être sûr que cela serve, mais tenir, au cas où… J’imagine que cela demande beaucoup de désintéressement, d’abnégation et aussi d’humilité. C’est très inspirant, merci.
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