Le "Jugement dernier"

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Publié dans Dessin et peinture

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M
Merci beaucoup Lucie de me permettre d’observer précisément ces deux parties de cette œuvre magnifique de Michel-Ange. Je suis d’abord tellement impressionnée par l’immensité de ce chef-d’œuvre et par le dévouement de l’artiste pour cette catéchèse picturale splendide. Je suis allée voir sur internet l’œuvre dans son ensemble, c’est très impressionnant et cela mériterait des heures de contemplation.<br /> Merci pour ces deux parties de la fresque que tu as choisies et pour ce que tu partages. Merci pour ce que tu écris sur ce moine mais aussi concernant ces démons, la solidarité qui est vécue dans le bien comme dans le mal, les conséquences, et la responsabilité de chacun.<br /> Tout d’abord merci pour ce passage tellement beau de la Bible, et qui me touche en regardant ce tableau. Pourquoi ces hommes s’en vont-ils aux enfers… parce qu’ils n’ont pas donné à manger, donné à boire, accueilli, habillé etc. ils n’ont pas vu les autres, ont été centrés sur eux, mais oui le Roi ne leur a évidemment pas demandé l’impossible, ces actes de charité, de don de soi, d’attention aux autres, voila ce qui permets aux hommes selon cette parabole de Jésus de recevoir la vie éternelle.<br /> Dans la première partie plusieurs éléments me frappent.<br /> J’aime cet homme en bas qui sourit, les yeux fermés il semble si profondément touché par ce qu’il vit.<br /> L’homme abandonné dans les bras de l’ange habillé de violet, les pieds encore liés, regarde à sa gauche, il a l’air tellement étonné et complètement perdu.<br /> Il y a ce qui me semble aussi être deux anges qui tentent d’arracher à un démon cet homme qui a la tête en bas. Est-ce que l’ange en vert donne des coups de pieds au démon pour le faire lâcher prise ? <br /> La forte présence et l’importance des anges est touchante.<br /> Et puis je trouve belle l’attitude de ces deux personnages au fond les bras levés et tendus vers le ciel, qui semblent avoir tant de hâte.<br /> Dans l’autre partie je suis frappée par ces anges qui empêchent certains hommes qui veulent échapper à leur sort et passer de l’autre côté. Et puis par cet homme à droite les mains jointes qui semblent supplier, mais il est trop tard… Le choix c’est bien lui qui l’a fait lorsqu’il a refusé d’aimer, c’est lui-même qui s’est condamné.<br /> Enfin je trouve terrible le rictus de ces démons, notamment celui dont on aperçoit la tête dans le ciel embrasé à droite ou celui du démon tout en bas à droite qui montre bien je trouve de la folie.<br /> Merci Jean pour ce que tu as vu : ces âmes aux péchés moins lourds, la lumière des deux parties, la présence de saint Michel et ce que tu dis sur la présence de ce moine « ange terrestre ».<br /> Merci Joseph et Frantz pour ce que vous écrivez sur ce coureur.
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L
Merci Jean pour ton commentaire, en particulier pour ce que tu écris sur les lumières de part et d’autre ; et sur le rôle des anges, du coté de la damnation, qui rendent la justice.
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F
Merci Lucie pour cette belle contemplation ! J’ai été particulièrement touché, dans le premier détail, par l’homme soulevé délicatement par cet ange au vêtement violet : comme tu le dis, Jean, il y a là un abandon très touchant. Plus de résistances, il a compris que le salut était grâce, que s’il se débattait ou essayait de se dégager par lui-même de ce serpent qui l’enserre encore, il risquait de tout gâcher. Je suis aussi très touché par l’homme au premier plan, les deux mains au sol et un pied déjà à terre : on dirait un coureur attendant le signal de départ. Son autre jambe enfoncée dans le sol ne l’empêchera manifestement pas de bondir comme un fauve, ses muscles sont tendus, traduisant une volonté et un désir de parvenir enfin à la ligne d’arrivée, de parvenir enfin au Ciel ! Je trouve aussi la présence de ce moine très belle, et suis touché par ce que tu dis, Jean, sur la délivrance des âmes du Purgatoire par la prière des « anges terrestres » !<br /> Le second détail est effectivement saisissant. J’ai été particulièrement frappé par cet homme en haut à gauche qui, dans sa descente en enfer, continue à se voiler la face, et en même temps nous jette un dernier regard terrifiant… M’a beaucoup interpellé également l’homme précipité, la tête en bas, par l’ange que tu identifies, Jean, comme étant saint Michel : on dirait que ce qui l’attire vers l’abîme, ce sont une bourse et une paire de clefs, extrêmement lourds. Peut-être cela représente-t-il à la fois les richesses auxquelles il s’est accroché toute sa vie, et les portes de son cœur qu’il a fermées à l’appel des pauvres ? Je trouve fort aussi ce que tu dis, Lucie, sur le fait que certains démons semblent bien humains, et sont peut-être des hommes devenus à leur tour démons pour les autres. Merci pour cette fresque qui pousse à la conversion !
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J
Merci pour cet article inspirant !<br /> Dans le premier détail, j’aime particulièrement voir le côté droit, l’ange qui déploie une immense énergie en arrachant les deux âmes, dont une accrochée par les jambes à son cou tandis que le démon dans toute sa haine déçue cherche même à le retenir par les cheveux… Au contraire, l’autre ange en vêtement violet procède avec douceur, l’âme dont il s’occupe est toute abandonnée comme un enfant, malgré l’immonde serpent enroulé autour de sa jambe.<br /> Concernant le moine, n’est-ce pas lui justement qui, par sa prière (je songe à celle de suffrage pour les âmes du Purgatoire), permet, tel un ange terrestre, à ces âmes d’être délivrées ? <br /> Derrière lui, d’autres rescapés semblent jaillir plus aisément, leurs péchés étaient sans doute moins lourds.<br /> Dans cette première partie de la fresque, la lumière pâle me fait penser à celle que j’imagine pour le Samedi Saint. <br /> En revanche, celle du second détail dans le bleu est je trouve angoissante. Comme si ces âmes étaient précipitées dans une eau mortelle…<br /> Avec la même détermination qu’ils mettent à sauver ceux qui doivent l’être dans le premier détail, les anges (je vois saint Michel en celui à l’habit doré) rejettent les damnés. « Entre nous et vous un grand abîme a été fixé, afin que ceux qui voudraient passer d’ici chez vous ne le puissent, et qu’on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous » (Évangile selon saint Luc, 16, 26).<br /> Je trouve judicieux Lucie ce que tu dis concernant les hommes qui deviennent démons pour les autres, et aussi ce qu’écrit Joseph : « Il n’y a pas de personnage à genoux pour implorer pardon : c’est pour moi la parabole saisissante que cela n’est pas si facile, quand toute sa vie on s’est justifié soi-même. La Justice de Dieu nous prend au mot… Contre la bien-pensance dégoulinante du “on ira tous au Paradis”, l’artiste donne pour moi une sérieuse leçon sur la Vérité et la cohérence. »
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J
Merci Lucie ! Ce que je trouve particulièrement frappant dans la première partie de la fresque, c’est la force venant du Ciel qui « aspire » les âmes jusqu’ici engluées dans la mort. L’homme tout à gauche par exemple a ce beau geste de se lever avec les bras levés, et j’ai même l’impression qu’il court. Merci d’avoir relevé la dimension de violence de la résurrection bien présente dans le tableau qui me remet en mémoire ce si bel extrait d’une ancienne homélie pour le Samedi Saint trouvé dans le Catéchisme de l’Église catholique (article 635) : « je suis ton Dieu... Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t'ai pas créé pour que tu séjournes ici enchainé dans l'enfer. Relève toi d'entre les morts, je suis la Vie des morts ». Je trouve spécialement forte la scène à droite de l’homme qui, pour se faire tirer de la terre, a besoin de l’aide de deux anges. Merci pour ce que tu écris : « Cet homme, un priant, aide les morts à retourner vers la vie, parce qu’il a lui-même probablement été aidé auparavant ». <br /> Le contraste du mouvement ascendant de la première fresque me frappe d’autant plus en regardant la seconde partie glaçante. Ici, tout l’être de ces hommes semble plonger dans les profondeurs. Il n’y a pas un seul regard tourné vers le Ciel. L’espace orange des feux de l’enfer éternel avec l’affreux diable qui s’y distingue, est terrifiant.
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C
Merci, Lucie, de nous faire réfléchir en pénétrant avec toi dans cette œuvre saisissante de Michel- Ange.<br /> Dans la partie de la résurrection des morts, c'est l'idée de délivrance qui s'impose à moi en contemplant les bandelettes déliées, les corps qui se redressent seuls ou sont même arrachés par d'autres au pouvoir de la mort. Le combat est violent, les muscles sont bandés; tout se vit dans une extrême tension que le jeu des couleurs accentue: le retour à la vie entraîne la coloration des corps qui se dégagent de leur gris cadavérique dans l'attraction du Ciel et de sa lumière.<br /> Dans la partie de la damnation éternelle, c'est l'idée de chaos qui s'impose à moi: tandis que quelques uns parviennent encore à s'échapper et à s'élever, chutes et enchevêtrements précipitent les individus dans une masse compacte et comme anonyme. Lucifer apparaît dans son antre de feu, regardant ce spectacle de sidération et de peur.<br /> Je suis frappée par le rôle des anges et des démons dans ce combat ultime qu'ils livrent à nos côtés…<br /> Notre combat à nous se livre avant tout sur la terre, et jour après jour, comme le dit si fortement le Christ dans la page d'Evangile qui ouvre ton article. C'est là aussi qu'il nous faut accueillir inlassablement et humblement la Miséricorde de Dieu pour qu' il ne soit jamais trop tard.
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J
Merci beaucoup pour le partage de cette œuvre grandiose et saisissante, avec tout son poids de gravité. Je trouve cela très fort que cette grande fresque « habite » ce lieu symbolique de la Chapelle Sixtine, comme le rappel de ce qui doit être la « vision » de l’Église. Merci pour ce que tu exprimes de très beau sur l’attitude de ce moine priant, cette fraternité d’âmes engagée dans le grand Combat, qui donne réconfort et gratitude pour tous ceux qui nous aident, dès ici-bas, dans notre marche vers la Lumière. Je suis touché par l’effort des anges, contre le démon hargneux, quitte à s’y prendre à deux pour une seule âme ! Je suis aussi touché par le caractère de lutte de cet engendrement à la Vie éternelle, le rappel du grand dépouillement à vivre qu’est la mort. J’aime spécialement l’attitude de l’homme au centre du premier détail, en bas, comme en position de départ pour une course. Cela m’évoque l’attitude de vigilance à nourrir pendant la vie terrestre : être prêt au départ. <br /> De l’autre côté, j’ai été très frappé par ce personnage qui tient sa tête entre ses mains, avec la détresse qui l’habite ; pourtant, il n’inspire peut-être pas la vraie pitié, car il est encore recroquevillé sur lui-même. Dans le même sens, je suis frappé de voir en bas du second détail, qu’il n’y a pas de personnage à genoux pour implorer pardon : c’est pour moi la parabole saisissante que cela n’est pas si facile, quand toute sa vie on s’est justifié soi-même. La Justice de Dieu nous prend au mot… Je suis frappé aussi par la volonté des personnages du haut de posséder ce Royaume qu’ils ont rejeté toute leur vie ; et là, contre la bien-pensance dégoulinante du « on ira tous au Paradis », l’artiste donne pour moi une sérieuse leçon sur la Vérité et la cohérence. <br /> Cela donne à méditer sur la portée de nos choix, sur notre grande responsabilité ; merci.
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