« Comme on ressent la brièveté d’une vie... »

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M
Merci Christine pour ce beau regard poétique sur les hortensias et de nous donner à contempler la beauté de la vieillesse. Le temps « enflamme, illumine puis dilue les couleurs », beauté seulement différente.<br /> Merci pour cette phrase : « ainsi en est-il des pêches ou des pommes des vergers, des joues et des mains des personnes âgées ».<br /> Merci pour les poèmes de Rainer Maria Rilke, j’aime particulièrement la dernière strophe de l’un et l’autre.<br /> Le bouquet de la première photographie est très joli je trouve.<br /> Merci Frantz pour ton commentaire.<br /> Merci Jean pour ce que tu écris sur cette fleur « communautaire ».
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C
Merci Joseph de nous offrir ce passage de Bobin qui rejoint si bien ce que je voulais évoquer…<br /> Ce quai de gare, au bout du grand voyage de notre vie; et Jésus qui vient nous accueillir.<br /> Que notre cœur soit alors comme ce gros hortensia bleu donnant toute sa lumière!
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J
Merci Christine pour le beau partage sur les hortensias avec ton regard poétique que j’ai beaucoup aimé. Tes mots m’ont conduit au silence et spécialement par la délicatesse de ce regard : « Leur belle fanaison d’arrière-saison m’apprend quelque chose du rayonnement de la vieillesse et je les aime pour la splendeur qu’ils dispensent jusqu’à la fin. Je les vois, peu à peu, s’orner de tavelures, se moucheter et s’oceller. Ainsi en est-il des pêches ou des pommes des vergers, des joues et des mains des personnes âgées. »<br /> J’aime la part de mystère et de surprise que Rainer Maria Rilke décrit dans les deux poèmes partagés. Un détail horticole me revient alors comme une leçon de générosité : la fleur d’hortensia fleurit sur le bois de l’année précédente, permettant ainsi aux jeunes pousses de se renforcer et de devenir ligneuses à leur tour. J’ai aimé spécialement la dernière photo avec l’adieu du rose et la présence du petit sécateur comme un écho au labeur fournit au long de l’existence. Merci Jean pour le beau regard partagé sur la fleur « communautaire » qu’est l’hortensia. Merci Joseph de redonner ces vers avec leur bonté, de Bobin.
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J
Merci pour ce très bel article, plein de poésie. J’ai été touché par cette transmission du regard et de l’ouïe, par la beauté des mots et leur musique, et avec les belles photographies. J’ai aimé découvrir le verbe « s’occeler » ou les noms « tavelures », « ombelles ». Quelle beauté de la langue française, si précise et foisonnante ; langue de la poésie ! Merci aussi spécialement pour ton regard profond sur la leçon d’effacement de ces fleurs, en lien avec la vieillesse. Je me suis dit que si la société avait un tel regard, nous serions bien loin des questionnements abjects sur la fin de vie. Mais cela rejoint la gratuité des fleurs, contre l’esprit d’utilitarisme… J’ai spécialement aimé ton expression : « bruissement doux, devenant peu à peu froissement sec », que j’ai cru entendre aussi ; et je me suis réjoui de pouvoir plusieurs fois ces derniers jours contempler ces hortensias dont les couleurs se « diluaient » sous la pluie ; ce sont des fleurs que j’aime aussi beaucoup, et je rejoins Jean sur sa très belle expression de « fleur ‘‘communautaire’’ » : elles ne sont jamais aussi belles qu’ensemble ! Enfin, ton article m’a remis en mémoire un petit passage du Christ aux coquelicots de Christian Bobin, qui m’avait touché, où l’auteur parle à Jésus, en comparant son cœur à un hortensia :<br /> « Tu me reconnaîtras sur le quai de la gare :<br /> j'aurai mon cœur dans mes mains jointes <br /> un gros hortensia bleu donnant sa lumière<br /> jour et nuit, en toutes saisons… »
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L
Merci Christine pour ton partage. Je l’ai lu une première fois il y a plusieurs semaines, y revenant ensuite, jusqu’à aujourd’hui. J’ai aimé depuis arrêter mon regard sur les hortensias croisées, et je t’en remercie. Merci pour la beauté de tes mots sur la vieillesse et le passage du temps : « qui, imperceptiblement, presque invisiblement, enflamme, illumine puis dilue les couleurs jusqu’à l’effacement. »<br /> J’aime particulièrement la première photo, illustration touchante de la naissance de ce « bruissement doux, devenant peu à peu froissement sec ».<br /> Des poèmes de Rainer Maria Rilke je retiens en particulier la beauté harmonieuse des couleurs s’unissant entre elles dans l’effacement, avec une forme de douceur : « l’on perçoit / un bleu émouvant se réjouir du vert » ; « Mais sous ce rose un vert a écouté / qui se fane à présent ».
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J
J’aime les très belles photographies, en particulier la deuxième qui aide à discerner la beauté de chaque fleur de l’hortensia qui forme par lui-même un bouquet ; c’est une fleur « communautaire », je trouve.<br /> Dans ces textes de Rilke, j’apprécie la métaphore du papier à lettres. Elle témoigne d’un regard qui sait voir.<br /> Mais ce que je préfère, ce sont tes propres mots, qui me donnent à percevoir (percer et voir) le mystère que tu nous apprésentes : « ce passage du temps qui, imperceptiblement, presque invisiblement, enflamme, illumine puis dilue les couleurs jusqu’à l’effacement » ; « je les vois, peu à peu, s’orner de tavelures, se moucheter et s’oceller. Ainsi en est-il des pêches ou des pommes des vergers, des joues et des mains des personnes âgées. »<br /> A le voir, et à le ressentir, puisque, par la grâce poétique, « le bruissement doux, devenant peu à peu froissement sec » est parvenu jusqu’à mes oreilles et mes doigts.<br /> Quelle belle « vie coye » tu nous offres là ! Merci pour cette contemplation.
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F
Merci Christine pour cette contemplation du vieillissement des hortensia, et la contemplation du « temps comme une couleur », avec « la succession de ses teintes ». Je trouve très beau de rapprocher la vieillesse des hommes de celle de cette fleur qui livre de nouvelles couleurs, peut-être moins exubérantes qu’à son apogée, mais délicates et belles ! Me touchent ces vers de Rainer Maria Rilke : « Pourtant tout à coup le bleu semble renaître / dans une des ombrelles et l’on perçoit / un bleu émouvant se réjouir du vert ». Merci pour ce regard sur ce vert, qui n’est pas « tout ce qu’il reste de la jeunesse », mais qui, peut-être, est la couleur qu’ont préparé et désiré le rose ou le bleu vifs : la couleur de l’espérance. Et il y a aussi plus de paix dans ce vert. Sans doute cela nous dit que les années et le grand âge peuvent apporter la paix et l’espérance. Merci aussi pour ton regard poétique qui a su transmettre cette leçon, et qui me fait penser que cette paix et cette espérance du grand âge, quand elles n’ont pas été étouffées par l’aigreur et la tristesse, doivent être transmises, et qu’il nous faut les recueillir d’auprès de nos anciens…
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