Fixer quelque chose de ce qui passe

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Publié dans Dessin et peinture

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I
Je suis heureuse de découvrir Berthe Morisot. Merci Christine. J'aime beaucoup dans le dernier tableau la représentation de la femme, bien habillée et distinguée, travaillant son ouvrage devant l'enfant attentif. J'ai trouvé belle la citation d'Alain-Fournier sur l'instant marqué par la grâce.
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J
Merci pour ton regard et tes explications (avec aussi la citation, éclairante, de Paul Valéry) sur cette peinture « de seuils et de passages ». Ce n’est pas celle que je préfère, mais j’y reconnais un vrai talent esthétique ; j’aime en particulier le deuxième tableau où l’on est comme derrière la pupille de l’artiste.
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F
Merci Christine pour la découverte de Berthe Morisot, et pour ce que tu exprimes de la manière dont tu as perçu son œuvre. Grâce à ce que tu dis, je me suis arrêté devant chacun des trois tableaux que tu as choisis en étant vraiment touché par les scènes représentées : toutes des scènes du quotidien, des instants saisis de la vie ordinaire et simple en famille. Pas d’évènements dramatiques ou surprenants, mais l’importance accordée à la gratuité de l’instant présent, qui passe, et qui en même temps fais ressortir le plus important comme ce qui demeure. À travers ces peintures, c’est vraiment cela que je comprends : « oui, l’instant présent, aussi simple et banal soit-il, a son importance ». J’aime particulièrement le deuxième tableau, où l’artiste a représenté un père et sa fille, mais aussi cet échange de regard avec son époux. C’est touchant, la simplicité de ce regard, mais qui me semble exprimer aussi la gratitude pour le quotidien d’une vie avec l’autre…
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M
Merci Christine de me permettre de découvrir Berthe Morisot et pour tout ce que tu partages sur cet artiste. Merci pour ces trois tableaux, j’aime beaucoup le premier notamment le beau dégradé de bleu et la chevelure dorée de l’enfant qui ressort. Dans le deuxième tableau c’est surtout le regard de cet homme qui me frappe. Je trouve que l’on ressent bien dans ces œuvres ce que tu écris « L'espace et le temps semblent n'être que des brouillons lumineux. » Cela donne l’impression d’être dans la tête de l’artiste, à contempler un souvenir, surtout le deuxième tableau, comme si les feuilles qui semblent entourer cet homme et sa fille allaient les engloutir et le souvenir s’évaporer.
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J
Merci Christine de me faire découvrir ces œuvres avec le regard que tu as posé dessus. J’ai aimé la première peinture avec les coups de pinceaux qui donnent un effet vivant à la végétation qui entoure la petite fille dans la véranda. Mon regard s’est spécialement arrêté sur la maison que l’on voit dans le fond de la toile à gauche, parce qu’en regardant cette enfant qui semble toute calme, j’ai trouvé que la présence de cette maison est comme une illustration de l’intériorité de cette petite fille présente à sa tâche (quelle est-elle ?). Dans les deux autres peintures, j’ai aimé le choix de la scène que le peintre a su saisir : une enfant avec son parent. Ce qui m’a touchée dans ces scènes, c’est de penser à l’observation de l’enfant devant son père qui dessine il me semble, ou devant sa mère qui brode, et qu’en observant, le petit enfant apprend. Cela illustre cette notion d’inachevé dont tu parles, car il y a toujours à apprendre.
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J
Merci pour la chance de découvrir par ce partage un peu de l’œuvre de Berthe Morisot, et merci pour la réflexion intéressante sur l’inachevé. Si elle est ainsi vécue, je trouve que c’est une belle démarche artistique d’humilité que de chercher à exprimer un instant sans l’enfermer. En tous cas, c’est comme cela que je comprends sa phrase : « Cette ambition-là est encore démesurée. » J’ai trouvé spécialement impressionnant le caractère de mouvement dans le deuxième tableau présenté, presque étourdissant même. En regard de cette démarche particulière, cela me fait admirer par exemple l’art iconographique ou les peintres plus réalistes qui ont cherché, aussi humblement, à fixer les regards par exemple, expression forte de ce qui dure. J’aime moins le premier tableau, qui donne à mon sens l’idée de quelque chose d’irréel, alors que ce que j’apprécie dans l’impressionnisme en général, c’est cet autre regard dont tu parles, qui révèles bien le réel caché, ainsi que le fait le regard poétique. Un mot me vient en voyant ces tableaux, celui de « nostalgie ». Merci pour cette découverte.
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L
Merci Christine pour ton partage et la découverte de cet artiste. Je suis frappée surtout par les couleurs très vives, joyeuses et tranchées ; et par ces contours qui s'estompent. Au début j’ai trouvé cela déstabilisant (il m’a fallut du temps pour y habituer mon regard), mais j'aime beaucoup de ce que tu exprimes : « les contours s'estompent et donnent parfois un aspect inachevé (…) son désir est de capturer l'instant et de n'y être jamais enfermée ». Je trouve belle cette idée et celle que tu exprimes sur l’ouverture d’un ailleurs ; sur ce que nous avons nous-mêmes à créer et construire ; sur ce qui est devant nous.<br /> J’aime particulièrement les tons bleu puis vert des deux premiers tableaux.
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