"Ecrasez-le sous votre miséricorde..."

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I
Merci Lucie pour ce très beau texte qui montre la puissance du pardon. Je me demandais si la personne serait en mesure d’accueillir cette miséricorde proposée sans avant, avoir reconnu qu'elle était en tort.
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M
Merci Lucie pour le partage de cet extrait sur la miséricorde. Il est beau de constater comme tu le soulignes que ce qui ouvre le cœur de l’homme à la remise en cause, à la contrition, est l’acte d’amour, de miséricorde alors que la condamnation l’enfonce dans le repli sur lui-même et la haine de l’autre. <br /> Dans ce passage ont voit bien que le fait d’enfermer l’autre dans l’acte posé, l’enfonce dans sa noirceur et le condamne, mais le geste de miséricorde, d’amour, qui espère le meilleur possible de tout homme, permet de faire une brèche dans le cœur endurci par le mal commis. Il est beau de penser que Dieu, lui qui pénètre et connait le cœur de chacun, n’enferme jamais l’homme dans ses actes, quel qu’ils soient, mais a toujours cette espérance que son Amour sera accueilli et permettra de recevoir la lumière du repentir et de la vérité. Un pardon qui n’entraine pas l’oubli de l’acte mauvais posé mais une miséricorde toujours renouvelée qui dépasse cet acte, voit la misère de l’homme et lui permet de saisir cette chance de changer.<br /> Il est beau et fou de penser que Dieu est sans cesse dans cette miséricorde envers l’homme, si celui-ci sait l’accueillir.<br /> Comme Christine j’ai pensé à l’œuvre de Victor Hugo, Les Misérables, dans ce passage ou un prêtre pose un acte de miséricorde vis-à-vis de Jean Valjean qui l’avait volé et qui va totalement le bouleverser et changer le cours de sa vie.<br /> Merci Christine de me permettre de m'arrêter sur l'association de ces mots "châtiment de la Miséricorde"
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C
Merci Lucie pour ce texte si fort que tu nous proposes de méditer avec toi.<br /> Je suis extrêmement frappée par l'expression "le châtiment de la Miséricorde"; cette alliance de mots me plonge dans la seule attitude possible face au péché (le mien, celui du monde…): s'agenouiller, courber la tête pour recevoir une volée d'amour… et ne jamais s'en remettre.<br /> Je repense à une autre page de littérature, au Jean Valjean des Misérables de Victor Hugo à qui la bonté sans faille de Mgr Myriel permet de donner vie "à l'homme qu'il peut devenir".<br /> Puissions-nous ne jamais oublier que toute œuvre de compassion et de miséricorde est une œuvre de résurrection!
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J
Merci Lucie de partager ce texte. Ce qui m’a frappée est ce passage : « il restera méchant et aveugle à jamais » car je pense à tous ceux qui n’ont personne pour leur faire entendre la vérité sur eux-mêmes, sur le monde, et sur la Vérité même qu’est le Christ, et restent alors dans leur aveuglement sans se donner la peine de chercher autre chose, avec cette phrase terrible du psaume 16 : « De son vivant, il s'est béni lui-même : « On t'applaudit car tout va bien pour toi ! ». Mais il rejoint la lignée de ses ancêtres qui ne verront jamais plus la lumière. » Mais avant le psalmiste affirme bien ce qui attend tous ceux qui cherchent la lumière, Dieu : « Dieu rachètera ma vie aux griffes de la mort : c'est lui qui me prendra. ». Ce texte me met devant la bonté de l’amour si grand de Dieu qui offre une seconde chance à celui qui l’accueille.
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F
Merci Lucie pour ce beau texte qui renverse la vision humaine de la justice, et montre bien que la miséricorde est la seule « logique » qui puisse offrir une sortie vers le haut et annuler l’escalade de haine et de violence que provoque le mal. Et cela rappelle aussi la limite de la loi humaine : on comprend bien à travers ce texte qu’elle est nécessaire pour limiter la violence, mais se révèle en fait inefficace pour susciter le bien et le remord. Tandis que la bonté, la seconde chance offerte, peut vraiment remuer une âme et lui de donner de saisir toute la gravité et la responsabilité qui lui confère sa liberté. En même temps, c’est un vrai pari, qui peut aussi se solder par un échec, et qui interpelle : si j’étais à la place de ce condamné et qu’on me faisait grâce, me montrerais-je digne de cette miséricorde qui m’est faite ? En regard de cela, je trouve bouleversante la parole de Jésus : « Alors Pierre s'approche de Jésus pour lui demander : “Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ?” Jésus lui répondit : “Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois » (évangile selon saint Matthieu 18, 21-22). Dieu donne sans cesse une nouvelle chance, et ne se lasse jamais de pardonner…
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J
Merci à Dostoïevski pour ce texte si bouleversant, et si "juste" !
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J
Merci pour la chance de pouvoir relire ce texte, avec tout son souffle émouvant. Personnellement, ce que je trouve le plus beau, le plus saisissant, c’est que chacun de nous pourrait se mettre à la place du meurtrier (quand on pense au péché qui tue l’amour) et se voir « écrasé » par cette miséricorde, mais écrasé comme on l’a vu dans l’article Le pardon selon Rembrandt (http://www.qja.fr/2019/04/le-pardon-selon-rembrandt.html), pour renaître, ressusciter, comme le texte l’exprime d’ailleurs. <br /> Cela m’interroge sur cette conscience à avoir personnellement face au jugement de Dieu sur nous, conscience appelée à être confondue par cet amour qui transcende la justice, conscience éperdue de gratitude : Dieu « a voulu me sauver et non pas me faire périr » ! <br /> Ce terme « écrasez » me fait penser à un passage de l’Evangile où Jésus dit : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (Matthieu 11, 29-30).<br /> Cela donne le désir d’entrer soi-même dans l’attitude humble « des larmes de repentir et d’attendrissement douloureux ». <br /> Et puis, en effet, face cette miséricorde offerte pour soi-même, comment ne pas être remis en cause devant nos jugements bien amnésiques !
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