Se laisser aimer

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Publié dans Dessin et peinture

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I
Merci Jeanne pour cette belle découverte. Je suis très touchée par le regard du Christ rempli de douceur, réponse au refus du disciple. Il ne force pas. Je suis également touchée par saint Pierre. Si l’on pouvait imaginer le chamboulement qui devait s’opérer dans son esprit… ! Son « Maître », son « Seigneur », qu’il voit comme un roi, s’abaisse pour faire un geste que seuls les esclaves réalisent à leur époque : laver les pieds des visiteurs. Quel retournement dans la pensée pour accueillir l’idée que pour être « grand », il faut être le plus « petit » et servir les autres. Merci Lucie pour ce que tu as vu de ces deux personnages qui se ressemblent !
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M
Merci Jeanne de me faire découvrir ce tableau. Ce qui me frappe c’est comme tu l’expliques le contraste entre le silence qui semble se dégager de la scène de Jésus avec saint Pierre à droite, et le vacarme et l’agitation des autres disciples à gauche. Comment peuvent-ils comprendre que le Maître s’abaisse jusqu’à leur laver les pieds ? L’accueillir demande humilité mais également confiance. Il est beau de penser à Jésus qui prend le temps de leur expliquer comme tu l’écris, mais seulement après le geste posé, leur laissant donc avant la possibilité à chacun par cette expérience de grandir dans ces deux vertus. L’homme assis semble lui avoir fait un pas sur ce chemin.<br /> Merci pour ce que tu exprimes sur la couleur rouge du manteau de Jésus. Et je suis très touchée par l’échange de regard entre lui et saint Pierre.<br /> Je trouve vraiment beau les ombres et les reflets de lumière sur les personnages. Merci Christine pour ce que tu dis sur le front des apôtres. Merci Frantz pour ce que tu dis sur l’attitude du disciple qui se tient avec Jésus et saint Pierre. Merci Lucie je n’avais pas non plus remarqué la similitude physique des deux personnages.
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F
Oui, merci Lucie pour ton observation très intéressante qui donne à ce tableau une dimension très forte!
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J
Merci Lucie pour ta remarque sur la similitude physique des deux personnages, je ne l'avais pas remarquée mais oui, c'est clair!
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L
Merci Jeanne pour le partage de cette œuvre. Au premier abord je suis surprise par cette triple scène, par les couleurs assez ternes et par le bruit exprimé dans les mouvements comme tu le soulignes. Merci à chacun pour les commentaires et pour ce qu’ils m’apportent. Je me suis arrêtée également sur le disciple dont tu parles Frantz et qui se met au service, et il m’a semblé que sa tête est presque la même que le disciple de gauche qui, à sa symétrie, dérange celui qui souhaiterait se préparer à recevoir le lavement des pieds (dont vous parlez Jeanne et Jean). Je me dis qu’il s’agit donc de deux attitudes contraires qu’une même personne pourrait avoir, et cela me renvoie la question : « Laquelle des deux je choisis de vivre ? Celle qui envahie, qui est extravertie ; ou l’attitude humble de celui qui se met au service ? ». Je trouve le contraste des mains particulièrement frappant en ce sens.
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J
Merci Frantz d’avoir su voir ce disciple, et merci Christine pour ta remarque sur le front des apôtres.
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J
Merci pour la joie de découvrir ce très beau tableau, et de pouvoir méditer sur la révolution apportée par le Christ dans l’expérience du Maître et du Chef qui prend la dernière place. Cela me remet devant les yeux la révélation de l’abaissement bouleversant de Dieu qui vient nous laver les pieds, et cela tous les jours, par son amour bienveillant sans cesse offert. C’est vraiment un retournement complet, qui laisse sans voix je trouve. Et c’est beau de voir comme l’onde de choc qui déferle sur les apôtres, et qui me rappelle qu’il n’est pas si facile de se laisser aimer, humblement. Pourtant, quand on voit le regard de Jésus, quelle autre place désirer que celle de saint Pierre ? C’est le détail qui me touche le plus ici. Je ne sais pas ce que ça vaut, mais j’ai immédiatement pensé à une sorte de combat, avec cette prise de la jambe et la résistance que l’on ressent, comme un corps-à-corps d’amour, qui me rappelle un autre combat biblique, dans l’Ancien Testament, où Jacob, patriarche du peuple d’Israël, va vivre une lutte mystérieuse avec Dieu une nuit, et être blessé par cet amour qui vient nous apprendre la "démaîtrise", comme tu l’exprimes Jeanne, ce laisser-faire.
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C
Merci, Jeanne, pour ce tableau très saisissant d'un peintre que je ne connaissais pas, et pour le commentaire très éclairant que tu en fais.<br /> Ce qui me frappe le plus, c'est la façon de peindre l'effarement,l'incompréhension, le refus: les apôtres sont profondément choqués de voir leur Maître et Seigneur (mais peut-être ne l'est-il pas encore vraiment, cette scène nous le montre…) à leurs pieds, en tenue de service; comme tu le soulignes, Pierre repousse le bras de Jésus et tous les bras et mains, jambes et pieds, mis en relief par la lumière presque crue qui contraste avec le reste du tableau, semblent se débattre. Les fronts des apôtres, eux aussi, sont mis en valeur, plus que leurs visages, comme pour montrer la violence de ce qui se joue dans leur esprit; le visage du Christ, lui, resplendit d'une paix et d'une douceur infinies. Je trouve cela magnifique car cela me ramène à tous les débats intérieurs, parfois violents, quand j'oublie qu'il suffit "d'ouvrir mon cœur et de me laisser aimer"...Cela me fait penser à l'autre moment bouleversant où les apôtres n'arrivent pas à accueillir la révélation du grand mystère de l'Eucharistie que Jésus vient de faire: " mon Corps est la vraie nourriture et mon Sang est la vraie boisson "; voyant leur stupeur, Il leur demande: " voulez-vous partir vous aussi?".
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F
Merci beaucoup pour ce très beau tableau, et pour tout ce que tu en dis. Le regard de Jésus est saisissant de douceur. Le peintre a parfaitement su représenter l’incompréhension des apôtres face à un tel geste, c’est impressionnant. Merci pour ce que tu dis : « l’exercice véritable du pouvoir se situe dans le service. »<br /> Je me suis pour ma part laissé interpeler par l’homme qui se tient juste derrière Jésus et saint Pierre. Ce qui a attiré mon regard, c’est ce linge qu’il tient sur son bras. A partir de là, j’ai remarqué que Jésus ne porte pas le linge dont parle l’Évangile, celui avec lequel Il essuie les pieds qu’Il vient de laver. J’ai alors pensé que c’était cet homme qui, soit essuyait les pieds, soit tendait le linge à Jésus à chaque fois qu’il devait essuyer les pieds lavés. Dans les deux cas, il semble que ce disciple participe au lavement des pieds, ce qui en fait donc quelqu’un qui a compris et qui vit la dimension royale du Christ : le service. Et puis j’ai regardé aussi son autre main, tournée vers la partie gauche du tableau, la partie « bruyante », comme s’il disait à saint Pierre de ne pas s’occuper de ce que les autres disaient, mais de se laisser faire par Jésus. Double service, donc, que vit cet homme : aider Jésus à laver les pieds de ses frères et amis, et convaincre que c’est là ce que nous devons faire : ne « rien faire », se laisser faire, pour entrer dans la relation que le Christ veut avec chacun d’entre nous.
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J
Merci pour le partage de cette peinture, où la scène (Cène) se fige sous nos yeux. Elle me permet de m’arrêter, moi aussi, sur ce disciple prêt à recevoir mais que l’on essaye de détourner de son accueil. Cela me parle de toutes les choses qui peuvent empêcher l’âme de s’ouvrir à Dieu. <br /> Et, comme toi, je rends grâce pour « l’exercice véritable du pouvoir [qui] se situe dans le service ».
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