Les pins sauveurs

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J
Merci à chacun pour vos commentaires, spécialement à toi Jean. Merci Christine pour ton regard sur cette photo.
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L
Je te remercie beaucoup Joseph pour ce partage. Je n'ai pas compris tout de suite, mais j'ai été très touchée par la suite. Ce qui me frappe surtout c'est cette réalité des pins déchiquetés, déracinés, calcinés sur la première ligne du front. Ce sont ces vies données en martyrs (« Vaincus, les rédempteurs roulèrent dans la mer ») qui affermissent d’autres vies (« Sans repentir voués au sable impur » ; « rédempteurs du sable »), soutiennent avec force, extirpent de la masse de l'eau (ces vers sur la puissance du mal et la présence du péché me marquent beaucoup : « des flots avides et montants » ; « Du sable faible et que chérit la mer, du sable / Qui retourne et se mêle au flot inépuisable, / Et l’épouse en des nuits qui ne finissent plus. »)<br /> Je trouve magnifique la constance et la foi évoquées : « des temps et puis des temps » ; « Crispé le bois où durent nos visages » ; « Droits et levant nos faces ravagées / Nous habitons des plages inchangées » ; « Ils ont tenu longtemps, têtus et solitaires. »<br /> Ce qui me bouleverse c'est la puissance de l’amour et du désir de fixer les hommes à la vie : « C’est notre amour qui stoppe la débâcle / Notre présence appelle le miracle / D’un sable astreint à son rivage sûr. »
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M
Merci Joseph pour le partage de ce poème. Ces mots plus particulièrement ce soir m'ont touchée:<br /> - "C’est pour traduire d’infrangibles messages"<br /> - "C’est notre amour qui stoppe la débâcle<br /> Notre présence appelle le miracle"<br /> - "Venus au même appel"<br /> - "Pour sauver les errants qui roulent à la mer."<br /> - "Ils ont tenu longtemps, têtus et solitaires."<br /> - "Croyant aux seuls chemins qu’engendre le désert."<br /> Merci Jean pour ton commentaire et merci Christine d'avoir plus attiré mon regard sur la photo qui est vraiment très belle.
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J
Merci Joseph ! J’ai été touchée par ces vers : «C’est notre amour qui stoppe la débâcle, notre présence appelle le miracle ». Cela m’a parlé de ce qu’un être de vérité peut dégager, peut produire pour les autres par sa simple présence, en empêchant des paroles ou attitudes déplacées peut-être, en suscitant la profondeur, et la confiance, en ouvrant à la paix,… <br /> J’ai été touchée par ce vers pour recevoir cela comme un appel avec ce qu’il contient d’élan, de simplicité et de vérité, et de don de soi : «Venus au même appel, sans feinte ils se donnèrent »<br /> Enfin, ce vers m’a touché me rappelant combien sont ceux qui connaissent la souffrance sans connaître ce qui peut lui donner sens : « Crucifiés sans croix ils ont longtemps souffert. »
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F
Merci beaucoup Joseph pour ce magnifique poème de Madeleine Delbrêl. Je suis déjà touché par l’enseignement qu’elle a su tirer et donner à partir de cette image, de cette réalité des pins offrant au sable une accroche, une stabilité contre les flots. Ce qui me frappe, dans cette image, c’est l’idée de solidité, de stabilité, mêlée à celle de silence et d’impression d’inutilité. « Ils ont tenu longtemps, têtus et solitaires. » « Crucifiés sans croix ils ont longtemps souffert. » Et puis je suis très touché par la réalité de faiblesse, de blessure, de ceux qui sont offerts pour cette mission de « sauver les errants qui roulent à la mer » : « Nous avons trop lutté, nous avons trop souffert », et « Nos corps déchiquetés, grotesques ou tragiques. » Mais ce qui me touche le plus, et qui dit tout, je crois, c’est : « C’est notre amour qui stoppe la débâcle / Notre présence appelle le miracle ».
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I
Merci Joseph pour ce magnifique poème de Madeleine Delbrêl. Je relève notamment ces vers « Nos corps déchiquetés, grotesques ou tragiques. » et « Devant des flots avides et montants, Crispé le bois où durent nos visages. » Alors me revenait ce passage de l’Ecriture en Is 50, 6-7 : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats. Le Seigneur Dieu vient à mon secours : c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu mon visage dur comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. » et encore : « Je complète ce qui manque aux tribulations du Christ en ma chair pour son Corps, qui est l’Eglise. » Col 1, 24. Merci pour la photo. Elle est très belle. Tous ces arbres faisant front, leurs branches semblant enlacées comme pour se soutenir, pour faire bloc.<br /> Merci Christine pour l'image des arcs-boutants d'un monastère de lumière ! Et merci Jean et Anne pour vos commentaires, c'est très beau.
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A
Merci Joseph pour ce beau poème de Madeleine Delbrêl. Ce qui me touche c'est l'appel dont elle parle, cet appel que je trouve lisible sur la photo que tu as choisie, qui est très forte. Sur cette image il y a une présence vraiment incroyable, ces arbres sont dressés dans la lumière à l'appel qu'ils entendent, comme dans le premier vers du poème: "Il fut un temps où sonnait un appel", ou encore cette strophe: <br /> "Sur l’océan des jours au jeu cruel et clair<br /> Avec les pins souffrants des hommes se levèrent<br /> Venus au même appel, sans feinte ils se donnèrent<br /> Pour sauver les errants qui roulent à la mer"<br /> Je suis aussi touchée par cette expression "traduire d’infrangibles messages" que je trouve très poétique et évocatrice, parlant aussi pour moi du rôle de tout homme à l'écoute sincère de l'Esprit, traducteur de ce qu'il entend d'"infrangible", c'est-à-dire qui ne peut être brisé, détruit. C'est la force de ce message qui rend fort face à la tempête, au sel, aux flots, et face à ce qui est peut être le plus grand danger: l'érosion.<br /> Merci Joseph.
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J
Je rends grâce pour ce poème symbolique si beau et surtout si profond. Ce qui me touche, et qui est trop souvent oublié, c’est la force de l’appel qui arrache une âme à la vie ‘normale’ (première strophe). C’est aussi l’attitude face au monde : « droits et levant nos faces… » ; « devant des flots avides et montants, crispé », cela me faisant penser à Jésus qui durcit sa Face (Lc 9, 51). Par dessus-tout, ce sont ces deux strophes qui m’ont touché :<br /> <br /> « Et rédempteurs du sable ainsi qu’il fut voulu,<br /> Du sable faible (métaphore des hommes) et que chérit la mer (métaphore du péché), du sable<br /> Qui retourne et se mêle au flot inépuisable,<br /> Et l’épouse en des nuits qui ne finissent plus. » <br /> <br /> « Mais, quand furent fixés les sables pour leurs frères<br /> Sur les bords rachetés des éternelles terres<br /> Vaincus, les rédempteurs roulèrent dans la mer. » <br /> <br /> C’est beau ce que tu as vu, Christine, sur la photo !
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C
Merci Joseph pour cet article. Madeleine Delbrêl avait donc, elle aussi, fait ce lien étonnant et magnifique entre les arbres et les humains ! <br /> Comme il est beau de découvrir ce grand combat des pins des Landes pour que soient" fixés les sables pour leurs frères". Les mots qui décrivent leur combat opiniâtre et leur souffrance sont très forts.<br /> J'aime ces trois vers:<br /> "C’est notre amour qui stoppe la débâcle<br /> Notre présence appelle le miracle<br /> D’un sable astreint à son rivage sûr."<br /> Quelle métaphore puissante de l'amour qui construit des digues, suscite des rivages, enraye le désastre!<br /> Je trouve aussi très saisissante, outre la dureté du combat, sa durée:" des temps et puis des temps",<br /> "en des nuits qui ne finissent plus". Cette lutte engage la vie entière parce qu'elle engage la vie éternelle et ouvre "sur les bords rachetés des éternelles terres". C'est très beau.<br /> Et je trouve la photo magnifique: arcs-boutants d'un monastère de lumière…
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