Ode au tremble bleu

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C
Merci pour la profondeur de tous vos commentaires; merci, Anne, pour l’apport que tu fais! Je rouvre ce partage pour y glisser une nouvelle perle de Bobin qui m'est allée droit au cœur ce matin: "J'ouvre la porte et laisse Bach courir vers le tremble. Ils rient du même rire."(Noireclaire)
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L
Merci Anne, c'est magnifique comme texte. Ce qui m'émerveille c'est cette capacité à ne pas se laisser vaincre et à s'étendre par les racines ; et porter tant de fruits, tant de troncs car enraciné.
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A
Dans le beau livre "la vie secrète des arbres", je suis tombée sur ce passage à propos du tremble:<br /> <br /> "Le tremble doit son nom à ses feuilles qui réagissent au moindre souffle d’air. En raison de la forme particulière de leur pétiole, elles bougent en exposant en alternance leur face supérieure et inférieure à la lumière. Il en résulte qu’elles peuvent réaliser la photosynthèse avec leurs deux faces, à la différence des autres espèces où la face inférieure est réservée à la respiration. Les trembles peuvent ainsi produire plus d’énergie et même croître encore plus vite que les bouleaux.<br /> En matière de lutte contre les amateurs de jeunes pousses tendres, ils suivent une tout autre stratégie qui mise cette fois sur l’opiniâtreté et la quantité. Ils peuvent être broutés des années de suite par des chevreuils ou des bovins, leur système racinaire n’en continue pas moins de lentement s’étendre. Il en émerge des centaines de rejets qui au fil du temps forment de véritables buissons. Un seul arbre peut ainsi s’étendre sur plusieurs hectares, parfois même beaucoup plus, dans certains cas extrêmes. La Fishlake National Forest, dans l’état nord-américain de l’Utah, héberge ainsi un faux tremble de plus de 40 000 troncs qui s’étend aujourd’hui sur environ 43 hectares pour un âge estimé à plusieurs millliers d’années. Cet organisme extraordinaire, qui ressemble à s’y méprendre à une vaste forêt, a été baptisé Pando, du latin pandere, qui signifie s’étendre."<br /> <br /> Ce qui me frappe, c'est ce feuillage entièrement tourné, grâce au mouvement donné par l'air, vers l’absorption de la lumière... Et la réponse souterraine des racines, fortes, persévérantes. C'est très beau.
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I
Merci Christine pour ce magnifique article ! Merci de nous partager ton lien avec cet arbre, merci pour ton émerveillement. Je trouve ton poème très beau. Je ne connaissais pas cet arbre mais je ferai attention à le chercher autour de moi.
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A
Merci pour cet hommage que tu rends à ce compagnon discret et fidèle, scintillant et frémissant aux souffles et lumières qui le traversaient. Merci pour ton expression "sur le doux ourlet du halage" que je trouve très belle. <br /> Ton poème est vraiment beau, dans son rythme et ses rimes comme l'a relevé Jean: cet amenuisement des strophes comme un entonnoir pour nous verser au cœur toute la profondeur de cet hommage sans rien en perdre... de plus en plus dense jusqu'au dernier vers si formidable.<br /> Merci pour les belles photos et les mots de Bobin comme une enluminure. Ses images sont magnifiques.
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M
Merci Christine pour ce partage touchant et beau de ton amitié avec cet arbre. Je ne connaissais pas le tremble. C'est beau je trouve d'avoir envie de "ressembler" à tel ou tel arbre, avec tout ce qu'il peut alors profondément te montrer, t'inspirer, te donner à désirer.<br /> J'ai trouvé beau de faire un hommage.<br /> Ce vers "Il me transmit la voix des sages" m'a fait penser à une parole de saint Bernard : « Tu trouveras dans les forêts plus que dans les livres. Les arbres et les rochers t’enseigneront les choses qu’aucun maître ne te dira ».<br /> Je trouve touchants ces vers: Que l'âme du bois, ô j'espère, / Tressaille de joie comme naguère. Puis: Où je courais pour recevoir.<br /> Merci pour la belle première photo !<br /> J'ai été touchée par tes mots d'introduction sur la citation de Bobin. C'est très beau merci !
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L
Merci Joseph pour ton commentaire sur la citation de Bobin. Je l'avais relu beaucoup de fois la semaine dernière mais sans arriver à découvrir réellement le sens des images... Je trouvais les mots très beaux, et me sentais aussi poussée à relire et relire. Ce que tu dis sur l'arbre, colonne vertébrale et le lien à la Croix m'éclaire beaucoup et m'a donné la joie de relire ce soir la citation autrement.
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J
Merci beaucoup Joseph pour ton commentaire et ce que tu partages de ta compréhension de cette colonne vertébrale de l'amour livré qui tient tout. J'ai pu relire cette phrase dans cet esprit.
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J
Un profond merci pour cet article rempli de la lumière de ton "grand arbre d'or", avec ces très belles photos et la musique de ton poème. J'ai été ému à la lecture de ton poème et de tes commentaires : merci beaucoup Christine pour cette profonde sensibilité qui m'interpelle déjà sur le vrai lien à tous les êtres, cette "amitié" même que l'on sent entre toi et ce tremble. J'ai trouvé très beau ce que tu dis sur ton désir de lui ressembler par rapport à la docilité, puis spécialement sur l'introduction des vers de Bobin : "je l'entendrai rire encore au moindre souffle de la Vie." Que c'est beau ce lien entre les créatures qui s’entraînent!<br /> Merci pour tes très beaux vers, qui nous décrivent si bien ce beau lien établi dans le temps. J’aime particulièrement ceux-ci : « Il me transmit la voix des sages/Sur le doux ourlet du halage,/Sous le tulle blanc des nuages », avec spécialement cet image de l’ourlet. <br /> Et puis encore : « Le voici maintenant à terre/Terrassé, meurtri et offert ;/Que l'âme du bois, ô j'espère,/Tressaille de joie comme naguère » : comme c’est beau ! Cela donne une joie émue de penser que ce bois mort peut tressaillir encore dans la flamme du feu qu’il procurera sans doute un jour…<br /> Et puis merci beaucoup pour les vers de Bobin ; j’ai senti que je devais lire et relire car au début je ne comprenais pas bien les images c’est vrai. Et puis tout à coup j’ai comme vu cette « colonne vertébrale de Dieu », ce tremble qui m’a fait voir la Croix, et alors je trouve ça saisissant de prendre davantage conscience de ce lien encore voulu entre le Fils et l’arbre patiemment travaillé à Nazareth, qui devient sa colonne vertébrale sur le Golgotha, de voir que cette colonne c’est l’amour livré qui tient tout, « au fond de l’univers sans fond »…<br /> Avec toi, dans cette gratitude entraînante, je salue cet Arbre. Un grand merci pour la beauté de ton partage qui donne à méditer.
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L
Merci Christine pour cet hommage et pour ton émerveillement. Merci pour les photos, je les trouve très belles surtout la deuxième où l'on sent ces feuilles vibrer et frémir. Sur la première les petites tiges blanches (ses fruits peut être) me font penser à l'eau d'une cascade, c'est aussi très beau !<br /> Merci particulièrement pour ton poème, et pour ce que tu nous partages sur cette écoute mutuelle, cette intimité qui me touche : <br /> "Et qui cacha bien des chagrins"<br /> "Il me transmit la voix des sages"<br /> J'aime aussi beaucoup cette image : "Son frémissement d'ostensoir" ; en voyant ensuite la photo, j'entendais le bruit des feuilles, ce frémissement.
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J
Un très grand merci pour ce si bel article.<br /> <br /> Les jolies photos, ce que tu écris sur le feuillage « qui scintille et fredonne ». La très dense mais belle citation de Bobin et le commentaire que tu en fais. Je suis touché par son expression de la « mort qui rit » et les images très évocatrices qu’il utilise.<br /> Mais surtout ton magnifique poème, dont j’aime beaucoup d’abord la forme : rythme et rimes. Vraiment je trouve cela très très réussi !<br /> Il y a les métaphores si gracieuses : « le bleuté de ses refrains » et « le doux ourlet du halage »<br /> Dans l’invite : « Hommage/ Au tremble bleu, tremble d'argent/Qui me saisit de ravissement/Et me ravit mon cœur battant », on sent tellement bien la relation avec cet arbre, comme une personne (être doué de relation).<br /> Très belle, et touchante aussi, la finale, où je te suis : « Tressaille de joie comme naguère/Où je courais pour recevoir/Souvent à la brise du soir/Son frémissement d'ostensoir. »<br /> Merci encore (et bravo)
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F
Merci Christine pour ce bel hommage! Je ne connaissais pas cet arbre, mais j'aime la manière dont tu le décris, particulièrement son rapport au vent : ce que tu dis m'évoque la docilité d'un cœur assez souple pour vibrer et chanter au moindre souffle de l'Esprit.<br /> Si cet arbre devait être un santon de la Crèche, je me dis qu'il serait le ravi... Pensée peut-être saugrenue, mais c'est ce qui me vient : l'image d'une créature souriante, qui ne cherche pas à tordre le réel dans son sens, mais se laisse balancer là où le vent l'entraîne.
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J
Merci Christine pour cet hommage au tremble que tu nous partages. Ce que j’ai trouvé beau en te lisant c’est le sentiment que tu saluais un ami par cet arbre lors de tes marches le long du canal. J’aime beaucoup le mouvement de cet arbre et parce que ses feuilles semblent ne rien retenir lorsque le vent passe entre elles.
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