« Venez nous inviter à danser avec Vous »

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M
Merci Jeanne pour le partage de ce poème de vénérable Madeleine Delbrêl. Voici les mots qui m’ont personnellement touchée :<br /> « Il faut suivre »<br /> « Être léger »<br /> « Sur les pas qu’il vous plaît de faire. »<br /> « de vous »<br /> « par vous »<br /> Ces mots m’évoquent la nécessité de s’oublier et de s’abandonner, faire confiance, lâcher prise, laisser de côtés ses propres idées, conceptions, qui sont en réalité trop de poids qui nous empêchent de bien danser. Et n’est-ce pas tellement plus reposant de suivre, librement, lorsque Celui qui mène n’est qu’Amour et Vie ?<br /> Et puis ces mots : <br /> « Apprenez-nous à revêtir chaque jour<br /> Notre condition humaine<br /> Comme une robe de bal »<br /> Qui m’évoquent la nécessité d’accepter ses faiblesses avec un sourire sur nous-mêmes, paisiblement, à considérer que c’est bien cette condition humaine, de pécheur, qui nous tourne vers Dieu.<br /> En ce sens je retiens aussi ces mots que tu écris à la fin : « Je trouve très beau de regarder ce Seigneur Jésus comme un Dieu qui se fait tout proche de nous, comme le sont deux danseurs »
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J
Merci Lucie pour ton commentaire sur l'humour à avoir pour ne pas se prendre au sérieux, qui m'apporte
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J
Lucie, je souscris à ce que tu dis sur l'humour et le réalisme!
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F
Merci beaucoup pour ce poème qui me donne une joie profonde ! Déjà, je trouve que géniale l’intuition de comparer notre vie avec Dieu à une danse. Ça pourrait sonner niais si ce n’était pas aussi bien écrit, et surtout si on ne sentait pas à travers ces lignes quelque chose de profondément vécu. Oui, je trouve qu’à travers ce poème très gai, on sent aussi de la gravité, par quelques expressions qui m’ont frappé : « Mais nous oublions la musique de votre esprit » ; « Et si des gens nous bousculent » (on imagine ce que signifient ces mots dans le concret…) ; « Où ce que vous permettez jette des notes étranges dans la sérénité de ce que vous voulez ». Je suis aussi frappé par le réalisme, au centre de ce poème : « Nous sommes prêts à vous danser cette course à faire, Ces comptes, le dîner à préparer, cette veillée où l’on aura Sommeil »… Enfin, ce qui me touche surtout, ce sont ce lignes qui parlent de notre vie : « Nous oublions que, dans vos bras, elle se danse, Que votre Sainte Volonté Est d’une inconcevable fantaisie, Et qu’il n’est de monotonie et d’ennui Que pour les vieilles âmes Qui font tapisserie ».
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L
Merci Jeanne. Ce qui m’a frappé dans la lecture de ce poème que je trouve magnifique, c’est l’humour de vénérable Madeleine Delbrêl. Il me semblait l’entendre rire d’elle-même, nous inviter à rire de nous-mêmes : « surtout ne pas être raide » ; « cela ne serait que des pas imbéciles » ; « nous faisons de notre vie un exercice de gymnastique » ; « qu’il n’est de monotonie et d’ennui / Que pour les vieilles âmes / Qui font tapisserie » ; « Et si des gens nous bousculent, nous le prendrons en riant, / Sachant bien que cela arrive toujours en dansant » ; et puis, cesser de demander sans cesse des explications pour tout, de vouloir tout comprendre et calculer. Je trouve que cela va bien avec la légèreté de la danse dont elle parle, apprendre à rire de soi, à ne pas tant nous prendre au sérieux.<br /> Je suis frappée aussi par son côté très pratique, les pieds sur terre ; il ne s’agit pas de rêver une danse, mais de « danser cette course à faire, / Ces comptes, le dîner à préparer, cette veillée où l’on aura / Sommeil. »<br /> J’aime enfin particulièrement ces vers : « Il faut être comme un prolongement » ; « Il faut savoir s’arrêter et glisser au lieu de marcher. » ; et enfin l’appel à vivre notre vie : « Non comme un jeu d’échecs où tout est calculé, / Non comme un match où tout est difficile, / Non comme un théorème qui nous casse la tête ». C’est un si beau programme de vie !
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J
Merci pour le partage de la lecture que tu fais de ce très beau texte, en effet musical. Quelle vérité vécue dans les premières lignes de Vénérable Madeleine : <br /> « Pour être un bon danseur, avec vous comme ailleurs, il ne faut<br /> Pas savoir où cela mène.<br /> Il faut suivre,<br /> Être allègre,<br /> Être léger,<br /> Et surtout ne pas être raide.<br /> Il ne faut pas vous demander d’explications<br /> Sur les pas qu’il vous plaît de faire.<br /> Il faut être comme un prolongement,<br /> Agile et vivant de vous,<br /> Et recevoir par vous la transmission du rythme de l’orchestre.<br /> Il ne faut pas vouloir à tout prix avancer,<br /> Mais accepter de tourner, d’aller de côté. »<br /> Cela me fait penser à ce verset de l’Évangile : « Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit : nul ne sait ni d’où il vient ni où il va. » (Jean 3, 8)<br /> Je trouve aussi très forte son exhortation, face à tant de révoltes contre Dieu : <br /> « Si certains airs sont souvent en mineur, nous ne vous dirons pas<br /> Qu’ils sont tristes ;<br /> Si d’autres nous essoufflent un peu, nous ne vous dirons pas<br /> Qu’ils sont époumonants.<br /> Et si des gens nous bousculent, nous le prendrons en riant,<br /> Sachant bien que cela arrive toujours en dansant. »
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C
Merci, Jeanne, de me redonner ce texte magnifique et si profond en ce temps de Pentecôte où nous demandons à l'Esprit Saint d'assouplir ce qui est raide en nous afin que cette raideur puisse danser.<br /> <br /> Vivre notre vie entre les bras de Dieu qui nous invite à danser...et qui mène la danse: quel honneur et quel soulagement pour qui (j'en suis ) se sent lourdaud et maladroit!<br /> La grâce vient de la docilité: c'est une leçon de vie pour chaque jour.<br /> Et la docilité ne veut pas dire une résignation triste mais l'ouverture à une fantaisie qui ne cessera de nous surprendre Merci Madeleine Delbrel!<br /> <br /> Et je m'en vais revêtir aujourd'hui même ma condition humaine comme une robe de bal...
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J
Ce texte de vénérable Madeleine Delbrêl est si beau et si profond : c’est une joie de le retrouver ensemble !<br /> Je trouve magnifique l’image de son titre : le « Bal de l’obéissance ». Ce qui m’interpelle ce soir le plus, c’est que l’auteur montre parfaitement, à l’encontre de l’indépendance et de l’autodétermination à la mode, qu’à l’exemple de la danse, la liberté se trouve en fait dans l’acceptation de suivre ; suivre, et non pas forcer le mouvement. C’est beau de voir le rythme même de ce texte, à la fois construit et libre, et qui me parle du véritable esprit d’enfance. J’ai aussi été touché et frappé par la manière dont vénérable Madeleine Delbrêl incarne profondément sa poésie, comment elle relie cette image très belle de la danse à des réalités quotidiennes très concrètes, loin d’un imaginaire spirituel un peu vaporeux (on sent le vécu), dans le passage conclu par : <br /> « Apprenez-nous à revêtir chaque jour<br /> Notre condition humaine<br /> Comme une robe de bal, qui nous fera aimer de vous<br /> Tous ses détails comme d’indispensables bijoux. ». Surtout cette dernière phrase sur les détails.<br /> C’est vraiment un tour de force à laquelle elle exhorte : faire de chaque travail, chaque peine, chaque rencontre, une occasion d’abandon à Dieu ! En ce sens, la leçon la plus forte de ce texte réside pour moi dans ce passage :<br /> « Seigneur, enseignez-nous la place<br /> Que, dans ce roman éternel<br /> Amorcé entre vous et nous,<br /> Tient le bal singulier de notre obéissance. »<br /> Vivre l’obéissance comme une danse… cela dépasse tellement une vision négative ou même résignée ! Et l’objectif est si beau : devenir « prolongement » du divin Danseur !
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