L'aubépine

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J
Merci pour ce beau partage poétique. J’aime également beaucoup – avec la fleur ! – le mot « aubépine », très musical, à la fois grave et enfantin je trouve ; et qui contient en lui-même cette alliance que tu décris, avec la douceur de l’aube et la douleur de l’épine. Merci pour les informations en lien avec la Couronne du Christ, c’est très beau. Le Créé est encore une telle leçon… lui qui tient en harmonie ce qui peut être facilement opposé dans notre esprit. Et cela donne à méditer, oui, sur cette alliance indélébile entre la souffrance et la paix, la douceur, la vie même ; et ce depuis notre surgissement dans le monde, jusqu’à notre départ. En ce sens, j’ai aussi été vraiment touché par le vers « La paix de la finitude » : il m’évoque le calme abandon de celui qui se sait tout-petit, non pas écrasé par l’infiniment Grand, mais contenu en Lui. Merci Jean pour la beauté de ton commentaire et de souligner que la pire souffrance serait cette vie aseptisée.
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M
Merci Christine pour le partage de ton regard et de ta méditation sur l’aubépine. L’amour qui nous blesse comme tu l’écris, l’alliance de la douceur et de la violence, sont des mystères si profonds et qui demandent tant de réflexion, d’écoute, d’accueil pour bien les comprendre. Il est beau de voir encore comme la nature nous enseigne et ouvre notre cœur pour ce chemin, cet apprentissage.<br /> Merci aussi pour le partage des vers de ces trois poètes, particulièrement ceux-ci :<br /> « Elle surpasse tellement<br /> toute la violence<br /> que lorsqu'elle s'élance<br /> nul ne se défend »
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J
merci Christine de partager ton émerveillement que je rejoins sur la beauté de l’aubépine rose en particulier, et pour tes mots sur l’alliance de la douceur et de la violence : « inscrite au cœur du monde. Une alliance qui parle d'une victoire (les fleurs sur des épines) mais plus profondément encore de notre condition humaine où la beauté vient nous transpercer, l'amour nous blesser, la pensée de l'éternité nous fracasser... ». Dans le poème de Rilke, je trouve très beau de lire que la véritable douceur peut désarmer la violence. Cependant, je lis cette violence dont il est question, non pas comme étant la partenaire de la douceur, mais bien la haine que je regarde comme étant une violence stérile en bien et produisant du mal: « Elle surpasse tellement toute la violence ». Je retrouve cette mention d’arme et de coup porté dans les autres poèmes avec ces mots de Jean Mambrino: « plus coupant qu'une faux. », puis de François Cheng : « La paix de la finitude l'épée de l'infini. »
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J
Merci Christine pour cet article sur la belle aubépine !<br /> J’aime beaucoup le mot en lui-même, ainsi que la première photographie que tu nous proposes. Merci aussi pour l’information architecturale.<br /> Cette alliance de violence et douceur (ensemble, pas l’une après l’autre) me parle beaucoup, depuis bien longtemps. Au cœur de la détresse, une vie aseptisée peut parfois légitimement être fantasmée, mais en réalité, quelle horreur serait cette absence de vie! Et même, quelle souffrance indépassable ! La rançon en est inéluctablement la privation d'amour et de beauté, oui.<br /> Ce matin je retiens un vers parmi ceux que tu nous livres, qui me rejoint particulièrement : « La paix de la finitude ».
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L
Merci Christine pour cette méditation sur le lien entre violence et douceur, et pour ta phrase : « Une alliance qui parle (…) de notre condition humaine où la beauté vient nous transpercer, l'amour nous blesser ». Ce que cela m’évoque surtout c’est le risque de la vie aseptique, où, pour éviter d’être blessé, on fait le choix de renoncer à la beauté ; et peut être plus encore, le fait que la blessure est souvent le lieu même de la naissance de la beauté. Cela me rappelle cette phrase de Jésus : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Dans la Bible, de l’Évangile selon saint Jean, chapitre 12, verset 24).<br /> Merci pour les vers partagés. J’aime particulièrement la seconde strophe de Rainer-Maria Rilke, avec cette image de la douceur qui, en quelque sorte, terrasse la violence. Il y a une forme de puissance dans ces vers : la puissance de la douceur.<br /> Les vers de François Cheng m’interpellent, chaque mot me semble grave et beau, mais je ne crois pas les comprendre…
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F
Merci Christine pour la méditation tirée de la force symbolique de l’aubépine. Je suis moi aussi touché par ce signe fort de la victoire qui n’efface pas la souffrance mais la transfigure. Cela me fait toujours penser au fait que le Christ ressuscité ait voulu conserver ses plaies, non pas pour nous culpabiliser, mais pour nous rappeler son amour qui est allé jusqu’à tant de souffrance. Merci pour les citations de ces trois poètes, dont j’aime surtout celle de Rainer-Maria Rilke. Ce sont – de ce que j’en comprends – de beaux vers, mais je trouve qu’ils ne rendent pas complètement compte de ce mystère dont tu parles, des épines qui ont fleuri : je me dis que ce serait trop simple de considérer que les épines évoquent toute la violence du monde, et les fleurs, toute la douceur de Dieu. Je me trompe peut-être, mais je crois qu’il y a aussi beaucoup de douceur dans la manière dont le Christ a accueilli ces épines, les a faites siennes, et qu’il y a aussi une certaine violence, dans la victoire de la Résurrection que symbolisent ces fleurs sur les épines. Ce sont d’ailleurs bien les violents qui pourront s’emparer du Royaume des Cieux (cf. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 11, verset 12). C’est en ce sens que je comprends la phrase de Bobin, qui me semble très juste : « violence et douceur ne sont pas séparables ».
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