Le Maître de la Liberté

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I
Un grand merci pour ce texte Joseph. J’y ai observé ce vieillard, son attitude. Il parle au Christ sans écouter sa réponse. Il lui dit même de se taire. Il croit maîtriser le cours des choses avec assurance. Cependant il garde tout de même « ses yeux attachés sur le visage » de Celui dont il sait au fond qu’Il est le Tout-Puissant. Je devine l’agitation qui l’habite. Voilà ce qui m’a surtout frappée dans ce partage : ne pas être tranquille, calme, en paix parce qu’on n’arrive pas à se laisser faire. Ne pas pouvoir accéder à la paix que procure l’abandon qui conduit à la liberté. Moins on se laisse faire, et plus on a peur, plus on veut maîtriser et affirmer avec force un soi-disant pouvoir (« … demain, je Te condamnerai et Te ferai périr dans les flammes… »). J’ai trouvé aussi saisissante la manière dont est montré la perversion de la vérité et le calcul que fait l’homme aveuglé sur l’avenir.
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A
Merci Joseph. Il m'a fallu le temps de plusieurs lectures du texte, et aussi de vos commentaires; ce qui m'habite au fond à chaque fois que je lis ce texte, suite à la question que tu poses Joseph ("Il me semble de toute façon qu’il peut être bon de prendre en « pleine face » cette remise en cause pour nous-mêmes : comment j’accueillerais le Christ s’Il revenait aujourd’hui ? ") c'est cette pensée: s'il revenait, le Christ, comme dans ce récit, c'est-à-dire incarné et non dans son corps de gloire, venant dans notre société, que dirions-nous? Comment nous positionnerions-nous? Car pour sûr il nous dérangerait dans nos habitudes et certitudes horizontales.
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M
Un grand merci Joseph de nous partager ces extraits. La vraie liberté est difficile, car cela demande d’écouter, de discerner, de faire des choix et donc cela demande des efforts et un engagement, une implication ; cela demande aussi de répondre de nos actes !
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L
Je trouve que ce texte aide à nommer les choses, à prendre davantage conscience peut être de la gravité de ce qui se joue dans l’humanité entière et dans le secret de nos cœurs.<br /> Ce qui m’a d’abord interpellé c’est la violence qu’il y a en cet homme, cette violence qui aboutit au rejet de Dieu, à un déversement de haine contre lui : « Je ne veux pas de Ton amour, parce que moi-même je ne T’aime pas. »<br /> Le deuxième paragraphe m'a profondément touchée. Il me parle de la peur de la vraie liberté, peur qui pousse à réclamer un chemin facile, sans embûches, sans souffrance et sans effort : « pour l’homme et pour la société humaine il n’y a jamais rien eu de plus insupportable que la liberté ! »
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M
Merci Joseph pour le partage de ce texte si profond! Merci à ceux qui ont déjà commenté et les choses profondes qui sont dites et qui me touchent! Pour ma part j'ai été d'abord été vraiment touchée par l'Amour du Prisonnier, qui veut pour l’homme la vraie Liberté.<br /> "pourquoi gardes-Tu le silence ?" ; "mais Tu aurais pu en prévenir l’édification et épargner aux hommes mille ans de souffrances" me fait penser à ces gens qui disent : « comment croire quand on voit la situation de notre monde? Il y a trop de souffrances pour croire, trop d'injustice! »<br /> Je suis frappée aussi par les paroles de cet Inquisiteur qui se ment à lui-même, pensant aimer les hommes, leur venir en aide... Orgueil, assurance, aveuglement, indépendance, manque de vigilance, qui s'enfonce dans ses ténèbres, qui se persuade lui même d'être quelqu'un de bon, de juste, qui se fait son propre juge, ainsi que celui des autres. Mais aussi regardant les autres avec mépris "leur bêtise et leur perversité innées"
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C
Merci Joseph pour ce texte ; " Pourquoi donc es-Tu venu nous déranger ? ": cette question répétée me bouleverse.
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F
Merci Joseph, je sens bien que c’est un message central dont nous parle ce texte, et en plus si bien servi par la plume de Dostoïevski… En méditant ce texte, j’étais frappé par cet élément central que remet en cause l’Inquisiteur : la liberté. Selon lui, les hommes en ont peur, n’en veulent pas. Une autre phrase m’a alors frappé : « que deviendrait la liberté, as-Tu pensé, si l’obéissance était achetée par des pains ? » La liberté aboutie, pleinement vécue, Dostoïevski la suggère ici comme l’obéissance délibérée et volontaire à Dieu. <br /> En lisant ce texte, je trouve qu’on voit très bien où veut en venir ce Grand Inquisiteur: substituer la vraie liberté de l’obéissance, à celle, totalement fausse et mensongère, du service de soi-même, de son appétit propre. Etre son propre dieu, son propre maître…
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J
Merci Joseph pour le partage de ce texte qui m'a bouleversée, et ce fut un temps de méditation important pour moi... Cette répétition m'a frappée : « parce que tu es venu nous déranger ». Il y a tant de violence dans ces paroles : « Et pourquoi gardes-Tu le silence, pourquoi Te bornes-Tu à fixer sur moi le regard pénétrant de Tes doux yeux ? Fâche-Toi, je ne veux pas de Ton amour, parce que moi-même je ne T’aime pas », tant de haine, tant d'ordres pour exiger un signe mais le Signe qu'est le Christ lui même n'est pas accueilli.
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J
Merci Joseph. Bien sûr tu as raison, c’est une dénonciation évidente de l’athéisme, particulièrement dans sa dimension relativiste ; une mise en garde de l’humanité se pensant sans Dieu… ce qu’on appelle aussi « l’esprit de l’Antéchrist ». Ne pas le voir relève soit de la sottise crasse, soit d’un aveuglement bien inquiétant tant c’est explicite. Je relève quelques passages dans ce sens :<br /> « Se peut-il que nous n’aimions pas l’humanité, nous qui avons eu de sa faiblesse une conscience si émue, nous qui avons affectueusement allégé son fardeau, nous qui, par égard pour sa fragile nature, l’avons même autorisée à pécher, pourvu qu’elle nous en demandât la permission ? » « Sais-Tu que des siècles passeront et que l’humanité proclamera par la bouche de ses savants et de ses sages qu’il n’y a pas de crime et, par conséquent, pas de péché » ; « Je suis allé me joindre au groupe de ceux qui ont corrigé Ton œuvre ».<br /> Quel extraordinaire moment de littérature, dans ce qu’elle a de plus noble…
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